Une histoire de bouses brothers

25-09-2017 SOCIETE LIBRE
Au mois de mai 2013, nous avions écrit un article titré : "Une vache de surprise attend la France". Il s'agissait, pour notre journaliste, de dénoncer l'implantation d'une ferme de 1000 vaches sur les communes de Drucat et de Bugny-Saint-Maclou dans la Somme. Depuis, l'usine à mamelles confinées bat son plein et résiste même à l'Etat qui doit rembourser aux propriétaires les amendes infligées pour le dépassement du nombre de vaches ainsi "stockées".

A Digoin, gentille commune du département de Saône-et-Loire, les Digoinaises et Digoinais vont avoir une drôle de surprise, si d'aventure le préfet tranche en faveur d'un projet fou fou fou.

L'heureux propriétaire d'un bâtiment de plus de 320 mètres de long, paysan entrepreneur de son état, a eu la non moins heureuse idée de déposer le projet d'une ferme de 4000 veaux. La "ferme" de Neuzy (tel est son nom) est agréablement entourée de pavillons, qui sont naturellement habités et dont on imagine sans peine l'irritabilité des propriétaires à l'énoncé du projet.

L'enquête publique s'est achevée le 22 septembre 2017. Titrée sobrement : "Demande d'autorisation d'exploiter un élevage de bovins destinés à la préparation à l'exportation", elle a été remise depuis au préfet. C'est lui qui, en dernière instance, prendra la décision d'autoriser ou d'interdire le projet.

La petite ville de Digoin est située au coeur du Charolais. Les amateurs de cette viande de goût apprécieront sûrement la promiscuité entre l'élevage intensif et une appellation prestigieuse qui détient 5 labels de qualité dont l'AOC Boeuf de Charolles.

L'actuel propriétaire des lieux possède déjà une ferme de 800 vaches allaitantes. La ferme de 4000 veaux recevra donc le lait des vaches déjà "usinées". Les veaux seront âgés d'environ 7 mois et vivront (si on peut appeler cela vivre) dans un enclos de 3 m² chacun pendant cinq semaines.

Durant cette période, ils recevront une préparation "spéciale course" faite de granulés et d'antibiotiques. Ils seront ensuite exportés en Algérie, au Maroc et en Turquie. On imagine sans peine qu'en plus des propriétaires des pavillons voisins, de nombreuses associations sont vent debout contre le projet.

De la Confédération paysanne à France Nature environnement, les mots ne sont pas assez durs pour dénoncer une logique industrielle délirante, une condition animale scandaleuse, une menace de plus sur les petites exploitations, la ruine de la biodiversité et les risques sanitaires. Liste à laquelle on peut rajouter la pollution générée par les centaines de camions qui ne manqueront pas de faire la navette entre la ferme et un navire rouillé.

Bref, c'est un projet fou fou fou qui a toutes les chances d'être accepté. La récente décision du juge administratif concernant la ferme des 1000 vaches de Bugny-Saint-Maclou démontre que la législation en la matière est surtout faite de vides juridiques. Le plus consternant dans ces affaires de fermes industrielles, c'est qu'elles ne sont même pas rentables.

Ces exploitations de masse prospèrent en Allemagne depuis cinquante ans. Or, malgré un modèle très industriel et des coûts rationalisés à l'extrême, les exploitants subissent la crise du lait et de la viande, au même titre que les français, pourtant beaucoup plus petits... Mais alors à quoi bon ?

En savoir plus
Une vache de surprise attend la France

Le projet, l'étude de faisabilité et enquête publique sur le site de la préfecture de Saône-et-Loire

Association Novissen : acronyme de NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement



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