10-04-2018  SOCIETE LIBRE

Sait ma fôte, sait ma fôte, sait ma traie grande fôte

Dans les différentes luttes sociales qui agitent le pays, il y a celle menée par les étudiants. C'est une tradition bien française que de s'opposer à toute forme de sélection dans le parcours scolaire. Cela permet de se tenir chaud l'hiver, bien serrés les uns contre les autres, sur les bancs des amphithéâtres. Ce qui n'est pas un luxe tant le chauffage est une vue de l'esprit dans nos universités. Et puis, le monde du travail pratiquant sa propre sélection, pourquoi en rajouter une couche ?

L'Union nationale des étudiants de France, plus connue par son sigle UNEF, est bien sûr à la pointe de la contestation étudiante, ce qui est normal. Pour faire connaître le combat en cours, elle utilise tous les outils à sa disposition dont le bon vieux dossier de presse.

Nous avons donc eu le plaisir de recevoir, par email, un document PDF sobrement intitulé : "ParcourSup : le renforcement de la sélection, des inégalités et des discriminations à l'entrée de l'université." En 23 pages, les raisons de la colère sont posées, expliquées, décortiquées. L'écriture est inclusive, preuve de la modernité du propos et de la juste égalité entre les sexes. Ce qui donne des mots agréables à lire : "bachelier.e.s et les étudiant.e.s".

Accuser la loi "Orientation et réussite des étudiants" de vouloir mettre en place une sélection drastique à l'entrée de l'université est de bonne guerre. Je me souviens encore, avec la larme à l'oeil, des photocopies distribuées à la sortie du métro, en 1986, contre la loi Devaquet, qui avait bien compris le pauvre, où il pouvait se la mettre sa loi.

Entre 1986 et 2018, le lecteur attentif de la chose syndicale et opposé à la sélection durant le parcours scolaire, pourra noter comme une légère aggravation de l'utilisation de la langue de Molière. En 2018, le dossier de presse du principal syndicat étudiant est truffé de fautes d'orthographe à un point tel que le sens de certaines phrases se perd.

Voici un petit florilège de la chose :
"Ainsi loin des effets d'annonces, la loi "Orientation et Réussite des étudiants" ne vient pas rompre avec les difficultés de l'enseignement supérieur mais vient crée de nouvelle barrière à l'accès des jeunes à la filière de leur choix. Ce sont ainsi près d'une filière sur trois qui dès cette année va être amené à pratiquer la sélection à l'entrée de l'université. Dans ces circonstances exceptionnelles, l'UNEF sort un dossier pour mettre en avant les impacts de la réforme sur les jeunes, pour illustrer le nombre de filière qui vont devenir sélective et appelle à se mobiliser le 15 et le 22 mars."
Edito de la page 3

"Des femmes moins présente dans les filières sélectives"
Titre de la page 19

"La loi ORE de part des demandes annexes aux diplômes, accentuera encore plus l'autocensure car les femmes choisiront des filières "à leurs portée", avec des qualités ou prérequis dont elles pensent disposer actuellement et étant à l'heure portée."
Texte de la page 19

"Des enfants d'ouvrier sous représentées dans les filières sélectives"
Titre de la page 20

"La sélection qui va être instauré via la loi ORE ne va que renforcer la "panne de l'ascenseur social" en renforçant la reproduction sociale."
Texte de la page 20

Florilège auquel on peut rajouter une utilisation exclusive de l'écriture inclusive en oubliant les points de séparation : "il ne peut remplacer le travail réalisé par des professionnelles d'orientation." Force et ment, cela desert le pro-pot.

Nous faisons tous des fautes d'orthographe. Mais l'utilisation des éditeurs actuels permet d'obtenir le soulignement de la faute et donc sa correction à la relecture. Ce qui ne laisse que peu d'excuses à l'auteur qui voit, sous ses yeux ébahis, son texte surligné de rouge à chaque phrase. A moins que dans la liste des corrections proposées, il ne sache laquelle choisir par manque de formation... Un doute me submerge : et si Devaquet avait eu raison en 1986 ? Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.

En savoir plus
Le dossier de presse de l'UNEF

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Sélection du texte ci-dessous
Sait ma fôte, sait ma fôte, sait ma traie grande fôte 
Dans les différentes luttes sociales qui agitent le pays, il y a celle menée par les étudiants. C'est une tradition bien française que de s'opposer à toute forme de sélection dans le parcours scolaire. Cela permet de se ...  <a href="https://www.loi1901.com/intranet/a_news/index_news.php?Id=2474" target="_blank">Lire la suite sur Loi1901.com</a>

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