18-09-2018  SOCIETE LIBRE

Pharos, un phare dans la nuit des violences

Les réseaux sociaux proposent des vidéos dont le mode de propagation est fondé sur la participation, le partage et l'échange. Et c'est une très bonne chose quand le contenu proposé peut aider ou bien informer ou tout simplement divertir. C'est nettement plus choquant quand il s'agit d'images de violence ou de viol. Or, il faut bien reconnaître qu'un réseau comme Snapchat laisse passer beaucoup trop de contenus inadmissibles et avilissants.

En 2009, le ministère de l'intérieur a créé une plateforme de signalement nommée Pharos. Une façon de rappeler que la liberté d'expression, ne constitue en aucune façon un "passe-droit" qui exonère du cadre légal dans la rédaction et la publication des contenus sur internet.

Derrière Pharos, on trouve la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) et sa section nationale : l'office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC). C'est cet office qui gère PHAROS (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements).

Prenons un cas concret. Le lundi 17 septembre 2018, une vidéo, montrant ce qui ressemble à un viol, aurait beaucoup circulé sur Snapchat et Twitter. Visiblement, le viol aurait été commis sur une jeune fille par quatre hommes "alcoolisés" et non identifiés. La scène se serait déroulée aux abords d'une discothèque à Toulouse. La police nationale a ainsi été alertée, à de nombreuses reprises, via Twitter par des internautes scandalisés.

La plateforme Pharos entre en scène à ce moment là. Les policiers de cet office, se chargent à la fois de bloquer la diffusion de la vidéo et de remonter jusqu'aux auteurs de la diffusion en passant par ceux qui la relayent, jusqu'aux agresseurs et à la victime. L'efficacité est assez redoutable car les traces que nous laissons tous sur Internet sont très bavardes quand on sait poser les bonnes questions.

Si les faits sont avérés, une enquête est alors ouverte sous l'autorité du Procureur de la République. Cela permet aux enquêteurs de Pharos de pouvoir utiliser l'adressage IP des mis en cause et de remonter à la source en impliquant les fournisseurs d'accès et de service sur internet. Naturellement, l'enquête prend du temps et les vidéos incriminées peuvent continuer à apparaître même après un signalement.

Avec 153.586 signalements en 2017, Pharos prouve son utilité même si les chiffres démontrent une baisse de fréquentation. Le pic a été atteint en 2015 (188.000 signalements), année d'attentats qui explique en grande partie la hausse spectaculaire des signalements. Pour 2017, les statistiques montrent que l'essentiel des dénonciations concernaient des escroqueries (51%) et seulement 13% pour des atteintes sur mineurs.

La plateforme Pharos accepte les signalements suivants : pédophilie et pédopornographie, expression du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie, incitation à la haine raciale, ethnique et religieuse, terrorisme et apologie du terrorisme, escroquerie et arnaque financières utilisant internet.

En revanche, les contenus ou comportements que les internautes jugent immoraux ou nuisibles n'ont pas à être signalés de même que les affaires privées, même si elles utilisent internet. Ces dernières relèvent d'une plainte à déposer au commissariat de police ou à la gendarmerie. Bien sûr, les signalement abusifs dans l'intention de nuire sont punis d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison et 45 000 euros d'amende.

Pharos recommande, lorsqu'un internaute se trouve en présence des contenus suscités, de faire un signalement sur la plateforme mais de ne surtout pas partager, liker, tweeter la vidéo. L'internaute risque tout simplement d'être à son tour inquiété en tant que diffuseur de contenus prohibés.

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Pharos : Internet signalement

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