Dis papa, c'est quoi l'économie sociale et solidaire ?

06-11-2012  LIBRE
Mais qu'est ce que c'est que l'économie sociale et solidaire ? A priori, toutes les associations régies par la loi de 1901 appartiennent à l'économie sociale et solidaire. Toutes ? Non, car un groupe peuplé d'irréductibles bénévoles résiste encore et toujours à l'envahisseur, son nom : la petite association.

Elle n'a pas ou très peu de salariés, son chiffre d'affaire est asthmatique et elle reste, en dépit de toutes les sirènes, ce pourquoi elle a été créée : un lien de proximité. Ses atouts ? Sa parfaite adéquation avec son environnement immédiat, son importance en nombre (c'est l'entité la plus nombreuse - environ 900 000). Sa faiblesse ? son éparpillement. Nous y reviendrons.

En ce mois de l'ESS pendant lequel fleurissent des publicités qui illustrent bien le mépris pour la "petite association" (ah, écouter France Inter le matin - pub dans laquelle une jeune fille explique qu'elle travaille dans l'ESS, ton condescendant du jeune homme qui lui demande "Ah, le service à la personne ?" et elle très fière de lui répondre que c'est dans l'informatique de pointe...), on peut se demander ce que regroupe exactement l'ESS.

L'économie sociale et solidaire est composée par un ensemble de coopératives, mutuelles, syndicats, fondations et associations fonctionnant sur des principes d'égalité des personnes (1 personne égale 1 voix), de solidarité entre membres et d'indépendance économique. C'est en tout cas la définition officielle.

Mais, réellement, l'ESS c'est avant tout une référence beaucoup plus précise : ce sont des organisations identifiées par leur statut et occupant une place importante dans la vie économique (banques, mutuelles, coopératives, etc.).

Alors que vient faire la petite association dans cette appellation fourre-tout ?

Osons le dire : rien, elle n'a rien à y faire.

Elle a d'autant moins de raisons de se retrouver en si différente compagnie, qu'elle est la première victime des obligations comptables et autres appels d'offres qui ne devraient en aucun cas s'appliquer à une structure si peu adaptée.

Quasiment aucune des mesures juridiques, fiscales et sociales prises ces dernières années ne la concernent directement et pourtant, elle doit s'y soumettre également.

Par qui est-elle représentée ?
La CPCA (Conférence Permanente des Coordinations Associatives) se dit être "la voix du mouvement associatif organisé". Cette organisation fait un excellent travail, personne ne peut le nier. Mais elle ne représente que les grands courants associatifs, pas les petites associations.

Sa plus grande faiblesse
La plus grande faiblesse de la petite association est son éparpillement. Alors qu'elle représente le plus grand nombre de structures, elle n'a visiblement aucune conscience de la nécessité de se regrouper.

D'autres, visiblement le font pour elle... Et aujourd'hui, sans avoir rien changé à ses habitudes de fonctionnement, sans déroger à aucune de ses règles d'implication locale, elle se retrouve estampillée ESS alors qu'elle n'a aucun point commun avec la Macif ou le Crédit Coopératif.

Alors que faire ?
Tenter modestement de regrouper ces structures, de les amener à se compter et espérer ainsi élaborer une charte de la petite association afin de peser et obtenir la reconnaissance de cette spécificité unique que l'ESS gomme un peu trop vite.

Nous avons, il y a un an, lancé un appel aux petites associations. Nous vous encourageons à le lire ou le relire selon les cas. Cet article intitulé "Une semaine sans les associations" se voulait être une toute petite première pierre...

Toutes les idées seront les bienvenues. A vos claviers !



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