Les associations doivent être financées par l'Etat

05-06-2012  LIBRE
Nous le disons depuis 2003. Un peu seul au début, car l'avenir était alors à la loi sur le mécénat qui allait révolutionner le financement des associations en France, dixit le premier ministre de l'époque : Mr Raffarin. En fait de révolution, 10 ans après, on ne peut que constater que la France ne sera jamais les USA et que le mécénat ne remplacera jamais l'investissement public.

Le constat est d'autant plus triste que toutes les politiques suivantes n'avaient pour objet que de "professionnaliser" le secteur associatif afin de le rendre attractif auprès des entreprises. Il fallait bien sûr utiliser le même langage pour que les deux mondes cohabitent en toute "transparence"...

Alors des termes comme "la gouvernance", "l'optimisation fiscale", "transferts de compétences", "mutualisation des besoins" (faire plus avec moins), "fusion" (ne manquait que d'y acoller le terme acquisition pour se rêver en PDG du CAC 40) sont venus étourdir les acteurs associatifs.

La pièce n'était pas bonne, mais chacun pourtant connaissait son texte...

Le 27 octobre 2011 se tenait à Paris le Forum national des associations, point culminant de la rhétorique "bling bling" de ce fatras idéologique. Relire aujourd'hui l'article que nous avions écrit pour l'occasion est une maigre consolation, mais consolation tout de même.
Le Forum national des associations - Lettrasso du 25-10-2011

Alors, lorsque nous avons reçu l'article ("Financement public des associations, un choix de société" paru dans la revue Jurisassociations) de madame Marie Lamy qui est conseillère technique à la CPCA, nous avons cru rêvé...

Cet article reprend et complète ce que nous disons depuis 10 ans. En voici quelques passages que nous signons des deux mains :
Le financement public des associations constitue un choix de société. Aux côtés des financeurs publics, les associations mettent en œuvre l'intérêt général sur les territoires au service de l'innovation sociale et jouent un rôle d'alerte indispensable. Le soutien des pouvoirs publics à leurs activités est consubstantiel à une société de solidarité. Représentant près de la moitié du budget total des associations, ce soutien financier public est le signe que les projets associatifs, à tous les niveaux des territoires, sont essentiels à la vie quotidienne de nos concitoyens. Il a donc une dimension symbolique car il assure la reconnaissance du caractère d'utilité sociale des activités développées.

Le financeur public qui s'est le plus désengagé ces dernières années est l'Etat. Or ce dernier a une mission importante d'animation de la vie associative. C'est lui qui définit les politiques du pays en direction des associations. Dans la mise en œuvre de ces politiques, il assure une fonction de soutien à la vie associative en veillant à une certaine équité sur l'ensemble des territoires. Or si ce financement de l'Etat baisse et qu'il n'est plus totalement compensé par celui des collectivités locales, les différents tissus associatifs locaux risquent d'être animés, définis et de se développer en fonction de politiques locales très différentes d'un territoire à l'autre…

Que dire de plus ?

En savoir plus
"Financement public des associations, un choix de société" paru dans la revue Jurisassociations

Le Forum national des associations - Lettrasso du 25-10-2011

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