Oui, les associations sont en danger

11-10-2011  LIBRE
Nous en parlons souvent dans ces colonnes, mais quand les chiffres sont là, inutile de se voiler la face plus longtemps : le secteur associatif va mal, très mal même. Il ne s'agit pas de morosité ambiante, pas non plus d'un défaitisme facile et inutile, mais des résultats de la très sérieuse neuvième "France associative en mouvement" que publie chaque année l'association Recherches et Solidarités.

Cette enquête laisse apparaître un constat alarmant : moins de bâtisseurs associatifs, un emploi qui dévisse pour le troisième trimestre consécutif (26.000 emplois perdus), et un moral des responsables bénévoles en baisse.

En effet, pour la première fois depuis plus de 40 ans, tous les indices, d'une cassure qui semble inéluctable de l'élan associatif, semblent réunis chez les responsables et bénévoles associatifs qui s'efforcent encore de maintenir les fils souvent invisibles d'un vivre ensemble, dans une situation économique et sociale particulièrement dégradée. Comme si l'exception associative avait fini par plier devant les marchés et les déficits publics...

Depuis le temps que tous les acteurs du secteur associatif répètent que "faire des économies sur le social, c'est non seulement se tromper de combat, mais aussi se tromper d'histoire(1)", il fallait bien qu'un jour le loup de Pierre...

Développer le social plutôt que de l'étrangler suppose que face aux limites des pouvoirs publics et des marchés, la société civile, avec les associations en première ligne, soit plus impliquée dans la production de biens communs aussi fondamentaux.

On le sait pourtant : plus la conjoncture se détériore et plus les associations sont indispensables aussi bien dans le secteur de la prévention, des services à la personne et des actions de réinsertion que par le soutien et l'accompagnement de populations toujours plus nombreuses qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, quand elles ne se retrouvent pas aussi dans la rue.

Enfin, comme l'indique encore Roger Sue (1) : "ni les entreprises ni les marchés ne prospéreront sur un champ de ruines. Dans une économie de plus en plus immatérielle, la ressource humaine s'impose comme le vrai capital, de l'aveu même des chefs d'entreprise. Il ne serait pas incongru qu'ils participent mieux à son entretien, comme il ne serait pas anormal que l'État vienne en aide de préférence à ceux qui en ont le plus besoin. Mais il faut comprendre le pessimisme ambiant du monde associatif à l'heure des grands choix démocratiques, en l'absence de parole politique qui éclaire leur avenir".

On ne peut mieux dire le malaise des associations. Et, il est hélas difficile de croire qu'il y aura une prise en compte des questions relatives à ce secteur, au cours de la campagne électorale qui se profile à l'horizon...

En savoir plus
(1) extrait d'un texte de Roger Sue - Sociologue, professeur à l'Université Paris V Descartes1 - Président du comité d'experts de Recherches & Solidarités. Son dernier ouvrage "Sommes-nous vraiment prêts à changer ? Le social au coeur de l'économie", publié aux éditions LLL (Les Liens qui Libèrent) est sorti en septembre 2011.

La France associative en mouvement : 9ème édition - Octobre 2011 - Format PDF

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