Pour un observatoire du spectacle vivant

01-07-2014 SOCIETE LIBRE
Alors qu'il est facile d'obtenir les taux de fréquentation des salles de cinéma et des musées, le spectacle vivant reste le grand absent des statistiques. Et pourtant, s'il existe de nombreux organismes disposant de chiffres sur l'activité du spectacle vivant, il est impossible de les connaître avec précision. Six ans après les entretiens de Valois, il n'existe toujours pas de définition d'indicateurs-clés, pas plus qu'une centralisation des données. Pourquoi ce silence ?

Ce secteur culturel, qui contribue pourtant au dynamisme de la France, se retrouve dans l'impossibilité de produire des statistiques globales, fiables et incontestables portant autant sur la fréquentation des lieux et des spectacles que sur l'économie du spectacle vivant.

Interrogée à ce propos, la ministre de la culture, Aurélie Filippetti semble consciente du problème que pose cette absence de statistiques fiables : "La question de l'observation des secteurs du spectacle vivant revêt une importance stratégique. L'État et ses partenaires, publics ou privés, sont en effet de plus en plus confrontés à la même nécessité de mobiliser et de qualifier l'information, en particulier économique et sociale, pour l'évaluation des politiques publiques de ces secteurs.".

"L'objectif, poursuit-elle, serait de poser, sur une base légale, la création d'un observatoire comme cadre d'une observation organisée et partagée du spectacle vivant et des arts plastiques, pour parvenir à la centralisation et au rapprochement des sources, à la qualification de l'information utile à l'observation et à l'évaluation des politiques publiques dans le champ du spectacle vivant et des arts plastiques".

Dans le cadre d'un futur projet de loi relative à la création artistique, (en cours d'élaboration), il serait question :
- de donner à l'État un rôle d'animation, de coordination, de partage et de diffusion des données dans le champ de l'évaluation des politiques publiques ;
- de prévoir l'élaboration d'un rapport du Gouvernement sur les secteurs de la création artistique spectacle vivant et arts plastiques, qui sera remis tous les trois ans au Parlement et à l'ensemble des partenaires publics et professionnels afin d'établir un diagnostic partagé ;
- de donner à l'observatoire autorité pour recueillir auprès des professionnels des secteurs concernés, quelle que soit leur forme juridique, les données de nature économique et socio économique relatives au spectacle vivant, aux arts visuels et aux industries culturelles qui leur sont liées.

Nous rappellerons gentiment à la ministre que les dispositions de l'article 50 sexies H de l'annexe 4 du code général des impôts donnent déjà obligation aux professionnels du spectacle vivant (soumis à l'obligation de licence d'entrepreneur de spectacle), et ce depuis 2007, "d'établir, dès la fin de chaque journée ou représentation, un relevé comportant, pour chaque catégorie de places : le nombre de billets émis, le prix de la place et la recette correspondante". Il suffirait d'exiger, de ces mêmes professionnels, la mise à disposition de ces données à des fins statistiques au ministère de la culture et de la communication. Nul besoin de loi ou de décret pour cela...

Mais gageons que ce nouvel observatoire fera au moins observer l'inobservance de la loi...

En savoir plus
Code général des impôts, annexe 4, CGIAN4. - Article 50 sexies H



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