La vérité sur le salaire des profs

12-03-2007
Il est de bon ton de se gausser lors d’un dîner en ville (Paris de préférence...), des professeurs de l’éducation nationale, tristes sires fainéants et surtout trop payés. De bon ton, en cette période troublée, de se moquer allégrement de ces fonctionnaires trop souvent en vacances et en grève... Qu’en est il exactement ? Trop payés les profs ? Trop de vacances vraiment ? Une petite mise au point s’impose.

Première vérité :
Actuellement, le temps de travail d’un enseignant de collège ou de lycée est de 18 heures par semaine. C’est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par un décret datant de 1950.

Seconde vérité :
En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu’un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant les élèves, afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 heure devant les élèves et 1,5 heures à la maison), soit 45 heures hebdomadaires. En effet, le temps de travail légal de l’époque (1950), s’il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité d’environ 42 h par semaine, sur 50 semaines.

Troisième vérité
Qui aujourd’hui, sait qu’en réalité les vacances d’été ne leur sont pas payées, qu’ils rattrapent le surplus des petites vacances, et que leur salaire est seulement 1.2 du smic ?

Faisons le point sur la situation des autres salariés :
1. Il y a eu la troisième semaine de congé payé en 1956, puis quatre en 1969.
2. Les 40 heures réelles ont été atteintes au début des années 70 (elles étaient un droit depuis 1936). 3. Puis il y a eu les 39 heures et la cinquième semaine en 1982,
4. Puis les 35 heures en 2000.
En somme le temps de travail hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25 %.

Et les enseignants ?
Ils doivent toujours le même service. Oui, mais les vacances me direz-vous ? Car, comment peut-on parler de temps de travail sans parler des vacances ? Eh bien justement, le législateur a tout prévu et cela de deux façons. D’abord 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça c’est pour les petites vacances (Toussaint, Noël, etc.). Car les vacances, c’est pour que les élèves se reposent. Donc le temps de travail des professeurs a été annualisé.

Mais, et les deux mois d’été alors ?

Là, c’est un tout petit peu plus compliqué. Certains enseignants ne le savent même pas, d’ailleurs. Cela se situe au niveau de la grille des salaires. La grille a été, elle aussi, fixée en 1950 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau bac + 3.
Mais à cette grille, il a été retiré deux mois de salaires, puis le résultat a été divisé par 12. (Par exemple si un inspecteur des impôts est payé 2000 € par mois il recevra 24 000 € par an, alors que pour la même qualification, un enseignant recevra aussi 2000 € par mois mais sur 10 mois, soit 20 000 € par an.... Cette somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 € par mois).

Eh oui, chers lecteurs, les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes vacances !

Oui bon d’accord, peut-être que les profs ne sont pas si privilégiés que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaires, quand même, ils ne sont pas à plaindre...

Eh bien soit, comparons :
1. Le salaire des profs est nettement en-dessous de la moyenne des cadres du privé comme du public.
2. Le salaire de départ d’un enseignant en 1970 était 2 fois supérieur au SMIC. Aujourd’hui, il n’est plus que 1,2 fois plus élevé. Autrement dit, si comme le PS l’a écrit dans son projet le SMIC augmentera de 25 % au cours des cinq ans à venir (et l’UMP l’a augmenté au même rythme annuel dès cette année), un enseignant débutant gagnera moins que le SMIC. CQFD!!

Alors oui le décret de 1950 est vieux ! Il est vraiment temps de le toiletter comme le disent nos gouvernants ! Mais dans quel sens ? Est-ce en faisant en sorte que les professeurs travaillent plus pour gagner autant ?
Laurent TARILLON
enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble.
tarillon.laurent@nepasrecopierfree.fr

Que le salaire et les conditions de travail des profs s’invitent dans cette campagne électorale qui ronronne entre posture convenue et menaces sur l’avenir du service public...



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