Les lapsus des femmes et des hommes politiques

04-06-2019 SOCIETE LIBRE
En ce printemps étrangement agité, il est peut-être temps de faire une pause en se penchant sur les lapsus de nos politiques. Le mot d'abord, qui nous vient du latin Labor qui signifie "trébucher, glisser". Puis les raisons qui sont à trouver dans une langue de bois qui oblige les acteurs politiques à faire très attention à ce qu'ils disent. Une contrainte que le lapsus fait exploser comme une libération de la parole.

L'un des plus célèbres nous vient d'une ministre des Droits de la femme socialiste Yvette Roudy qui a déclaré en 1983 : "Je suis pour l'égalité des sexes et je prendrai moi même les mesures". Thierry le Luron le popularisera à tel point que beaucoup pense qu'il en est l'auteur.

Bien sûr, on ne peut pas traiter de lapsus en politique sans traiter du cas Rachida Dati. C'était en septembre 2010, sur le plateau de Canal+. L'ancienne ministre, devenue eurodéputée, avait lâché sans trouble apparent : "Quand je vois certains qui demandent des taux de rentabilité à 20 ou 25% avec une fellation quasi nulle." Elle dira le lendemain qu'elle ne s'en était pas rendu compte.

Au-delà de la connexion phonique entre deux mots, fellation et inflation, il y a une vérité qui se dévoile sans que l'auteur du lapsus pense à une fellation. Cela peut simplement traduire l'envie de décoincer une situation trop sérieuse ou embarrassante, de provoquer un moment de plaisir. Le docteur en psychanalyse, German Arce Ross, avait d'ailleurs assuré à l'époque : "la fellation dont il est question doit faire baisser l'inflation de l'organe sexuel, qui peut se comprendre comme l'érection."

La même Rachida Dati qui, souhaitant parler d'un code de bonne conduite, nous sortira un "gode des bonnes pratiques". Mais encore un ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui nous parle "d'empreintes génitales" au lieu de génétiques. Et ce député très conservateur, défendant une loi sur la pornographie, en 1975, appelle ses confrères à "durcir leur sexe" au lieu de "durcir leur texte".

Ainsi, et bien malgré eux, les politiques peuvent nous faire rire lorsque leur libido les trahit. Mais en revanche, que penser de certains lapsus clairement politiques, quand leurs troubles de la parole nous laissent sans voix. Souvenons-nous de Gérard Collomb, à la veille de l'élection présidentielle, le 3 mai 2017, quand sa langue fourche à deux reprises avec son "Emmanuel Le Pen".

Le même Collomb encore, en septembre 2017, pour défendre sa loi antiterroriste devant la Commission des lois de l'Assemblée nationale, qui nous crache le fond de sa pensée : "Sur la sortie de l'état de droit, vous savez que le Conseil...heu de l'état d'urgence, bien sûr."

De toute évidence, le lapsus politique fait exploser la gangue de la langue de bois. Et ce n'est pas Martine Aubry qui nous démentira. Parlant du projet socialiste, lors de l'élection présidentielle de 2012, elle nous dira, les yeux dans les yeux : "Le projet socialiste est extrêmement vague" alors que son discours écrit proposait "vaste". Lapsus oh combien révélateur du fond de sa pensée.

Sigmund Freud a toujours décrit le lapsus comme "l'émergence de désirs inconscients, d'un conflit intérieur et de pensées refoulées". A quoi pouvait bien penser Jean-Marie Le Pen, en 1984 dans l'émission L'Heure de vérité, en se prononçant pour le "rétablissement de la pine de mort". Sans oublier Bernard Kouchner qui, en 2009, s'était ému du sort de la communauté Ouïgoure, malmenée en Chine : "C'est terrible, ce qu'on fait aux yogourts".

Nicolas Sarkozy a-t-il fait un lapsus ou a-t-il libéré sa pensée profonde lorsque, au plus fort de la crise des Gilets Jaunes, il a dit à propos de Emmanuel Macron : "Au fond, il fait une politique pour quelques uns, et pas pour tous. Si les Français croient ça, ils ont raison de le croire".

Un auditeur de France Inter avait dit, à l'antenne, lors d'un "Téléphone sonne" qui traitait du lapsus sexuel en politique : "La langue française est originellement une langue de moines médiévaux un peu hypocrites qui, en fait, ne pensaient qu'à ça."



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