We want au moins sex equality

16-01-2018 SOCIETE LIBRE
Elles se déchirent, nos soeurs de coeur et de corps. Et nous nous taisons. Nous les laissons débattre entre-elles, comme si cela ne nous concernait pas. Etrange paradoxe que de faire le procès d'un accusé qui ne se sent pas concerné. Et au silence des hommes, se heurte une colère des femmes qui tourne en rond. Où sont les philosophes habitués des plateaux de télévision ? Pas un mot, trop de coups à prendre, si peu à rendre. Et puis dire quoi ? Je suis contre le harcèlement, tout contre, comme disait l'autre ?

En 2011, est sorti en France, un film réalisé par l'Anglais Nigel Cole : "We want sex equality". Ce film traite de la première grève des ouvrières de l'usine automobile Ford à Dagenham en 1968.

Les meneuses, ouvrières ordinaires, deviendront les héroïnes involontaires de l'histoire Britannique en obtenant une complète égalité salariale entre hommes et femmes. Le film s'attache à suivre l'évolution de ces femmes engluées, entre les maris et les patrons, dans un paternalisme infantilisant. Elles ne lâcheront rien et avec l'aide de la secrétaire d'Etat à l'emploi, elles obtiendront satisfaction.

Une victoire autant sociétale que salariale, dira plus tard le premier ministre de l'époque Harold Wilson qui inscrira dans la loi "l'equal pay act", qui interdit tout traitement moins favorable entre les hommes et les femmes en termes de rémunération et de conditions d'emploi. Certes, dans les faits, la loi n'a pas permis l'égalité parfaite, loin de là. L'écart est resté égal à 18,1 % sur toute la population active d'Angleterre, ce qui correspond à 9,4 % pour les salariés à temps plein.

Le 24 octobre 2016, à 14h38 précises, les islandaises ont cessé leur journée de travail afin de dénoncer les inégalités de salaires entre hommes et femmes. Ce gigantesque rassemblement a mobilisé des dizaines de milliers de femmes et a surtout frappé un grand coup. La loi de l'égalité parfaite a été votée le 8 mars 2017 avec une application échelonnée jusqu'en 2022. Pour info, en Islande, une femme gagne en moyenne 18 % de moins qu'un homme à postes identiques.

En 2016, les Allemandes ont gagné en moyenne horaire 16,26 euros brut de moins que les hommes (20,71 euros), soit environ 21% de moins. Un écart qui place l'Allemagne en 26ème position du classement de l'Union européenne.

Et en France, ce beau pays des droits de l'homme laissant le H majuscule à l'Histoire et au reste du monde ?

En moyenne, les femmes ont des revenus salariaux inférieurs de 24% à ceux des hommes. Chez les cadres supérieurs par exemple, un homme gagne 25% de plus qu'une femme. Et cette inégalité se retrouve dans tous les types d'emplois.

Mais visiblement, chez nous, l'urgence est de débattre sur le porc qui sommeille dans tous les hommes sans exception et l'application de l'écriture inclusive sans plus tarder. C'est dommage car c'est par une évolution salariale que la révolution sociétale viendra. Dans un monde d'hommes, et c'est toujours le cas chez nous (au moins dans les entreprises), c'est le pragmatisme qui est pris au sérieux.

Et le véritable combat n'est pas de compter les cons qui confondent la cuisse d'une femme avec la nappe d'une table, car c'est du cas par cas, mais de peser économiquement le même poids que l'armée de phallocrates qui occupent encore les meilleures places aujourd'hui, car c'est du collectif.

Il faut se souvenir de l'intelligence avec laquelle Simone Veil a su éviter tous les pièges tendus par les hommes lors du débat sur la loi pour l'avortement. Rien de frontal, aucune opposition, des faits, rien que des faits. Elle ne s'est pas adressée à l'émotion des hommes, mais à leur pragmatisme. Et la loi est passée...dans les têtes aussi.

Aujourd'hui, Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, a annoncé un plan "dur et concret" sur l'égalité salariale pour cette année. Elle a intérêt à s'allier l'ensemble des femmes pour réussir à imposer ce que le Medef et de très nombreux hommes ne souhaitent pas. Car, il ne faut pas oublier qu'il existe déjà une bonne quinzaine de lois sur le sujet. Le problème n'est donc pas que juridique...

En savoir plus
De l'écriture inclusive dans l'égalité salariale

Nous ne dirons jamais assez tout le bien que nous pensons de l'une de nos plus grands écrivains, Annie Ernaux. Qui mieux qu'elle décrit le piège éternel de la femme dans le jeu de l'amour et du hasard qu'elle joue avec l'homme qui lui ne joue pas :
"Foncer dans le mariage, on verrait après. Ma super lâcheté, l'inavouable, dans les derniers cercles de l'amour, je désire que mon ventre se fasse piège et choisisse à ma place. [.../...] Après, c'est l'habitude. Une somme de petits bruits à l'intérieur, moulin à café, casseroles, prof discrète...et au-dehors, femme de cadre vêtue Cacharel ou Rodier. Une femme gelée."
La femme gelée - Annie Ernaux - Folio 6 euros chez Mollat
Seules les femmes peuvent ressentir cette "femme gelée" qui n'est pas glacée par l'absence d'amour, mais gelée, figée, dans les attentes de la société et de la famille.



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