On le constate tous et tous les jours : le fait d'apposer l'autocollant StopPub sur nos boites aux lettres ne sert à rien car elles ne désemplissent pas. Au contraire, on constate même une augmentation de la distribution des publicités non adressées. Chaque ménage en reçoit mensuellement 2 kilogrammes dans sa boite aux lettres pour un coût annuel estimé de 45 euros par an et par habitant. Coût bien évidemment répercuté sur les prix de vente des produits vantés sur les prospectus. Pire, il convient de rappeler que c'est le contribuable qui est en charge du coût du recyclage des déchets... On paie donc 2 fois pour une pollution publicitaire non sollicitée. Ne serait-il pas possible de pénaliser financièrement les distributeurs qui ne respecteraient pas le dispositif StopPub ? Un député, sans doute aussi énervé que nous par cette invasion publicitaire, a interpellé le ministère de l'écologie afin qu'une solution rapide et durable soit trouvée. La réponse de la ministre reste très consensuelle. Hors de question de chercher des noises à ces pauvres entreprises qui ont déjà tant de mal à nous vendre leurs produits... Chômage oblige ! "Les diffuseurs d'imprimés non adressés se sont engagés à respecter l'autocollant en ne distribuant plus ces imprimés dans les boîtes à lettres des foyers l'ayant apposé, grâce à une information adaptée auprès des personnes qui distribuent. Cet engagement s'inscrit dans une démarche qualitative menée par les diffuseurs d'imprimés non adressés, visant à améliorer l'efficacité de ces médias, en orientant la distribution vers les habitants les plus réceptifs. Dans le cadre de la mise en place des plans et programmes locaux de prévention, la mise à disposition d'autocollants par les collectivités pour les citoyens intéressés s'est poursuivie, notamment grâce aux soutiens accordés par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME)." Nous ne savons pas comment s'effectue l'information adaptée auprès des personnels qui distribuent, mais en revanche nous avons pu constater que la plupart des salariés des entreprises de distribution savent à peine lire et écrire notre langue, qu'ils sont surveillés par des appariteurs confortablement installés dans des véhicules banalisés dont ils ne sortent ni pour vérifier ni pour aider... La ministre toujours aussi optimiste poursuit : "De plus, les collectivités et associations désireuses de développer une opération StopPub disposent depuis 2010 d'une boîte à outils reprenant les étapes clés nécessaires à l'optimisation d'une telle opération. Le StopPub apparaît respecté dans 75 % des cas". On résume : si le Stop Pub est effectivement respecté dans 75 % des cas, alors d'où viennent les 2 kg de papier mensuels qui envahissent nos boites aux lettres ? Ce chiffre vient de l'ADEME qui n'hésite pas à se contredire puisqu'elle annonce fièrement que : "les opérations foyer témoin menées en 2008 en lien avec des associations et des collectivités locales, montrent que l'apposition d'un autocollant Stop Pub sur la boîte aux lettres permet de réduire de 90 % la quantité de publicités reçues, ce qui représente une économie de 14 kg de papier par an et par personne participant à ce geste". Bigre : 2kg d'un côté et 14 de l'autre. Vite, il faut que je me renseigne auprès de mes voisins car si cela se trouve, ma boite aux lettres est la seule à être ainsi remplie jusqu'à la fente. Serais-je le dernier des Mohicans du bourrage de BAL ? Heureusement, la ministre de l'écologie redescend sur terre et admet que la poursuite du dispositif StopPub est essentielle. Elle nous promet que le plan de prévention 2014-2020 sera encore plus drastique et qu'il prévoira (oui il n'est pas encore terminé ce fameux plan 2014-2020) le renforcement des actions suivantes : "- assurer la visibilité de la boite à outils Stop Pub élaborée par l'ADEME ; - réaffirmer voire élargir la charte d'engagement conclue lors du plan de 2004, et notamment étudier la possibilité de son adaptation aux entreprises, ainsi que de remobiliser les émetteurs (commerces) et les diffuseurs ; - promouvoir la conclusion d'accords locaux en la matière, notamment entre les collectivités territoriales qui promeuvent l'action et les distributeurs locaux, afin d'assurer la formation de leurs personnels et un respect encore meilleur de l'autocollant." Et pourquoi ne pas tout simplement interdire la distribution de prospectus dans les boites aux lettres ? En savoir plus Le sénateur Roland Courteau, citant l'enquête de 60 millions de consommateurs, affirme que la distribution de prospectus publicitaires non adressés a augmenté de 35 % en dix ans et que le coût global de cette augmentation coûte à la collectivité 225 millions d'euros par an. Pas de quoi partager l'optimisme de la ministre de l'écologie. Le site de l'ADEME. Saisissez StopPub dans le moteur de recherche du site et constatez, comme nous, combien de documents y font référence... Assurer la visibilité de la boite à outils Stop Pub élaborée par l'ADEME nous promet la ministre... Comique vraiment !
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