Le pauvre est un riche qui s'ignore : l'Etat lui doit 6 milliards

23-04-2013  LIBRE
Nous allons aborder un sujet qui fâche : l'hypocrisie. Souvenez-vous de la dernière campagne électorale. Certains candidats n'hésitaient pas à stigmatiser le pauvre. Qu'il soit chômeur, retraité, travailleur pauvre (c'est presque un pléonasme), le pauvre est avant tout un profiteur et un assisté. Salop de pauvre hurlait Gabin dans la Traversée de Paris.

Alors que le riche lui, ne profite de rien, n'est assisté en rien, ne demande rien et doit en plus payer encore plus d'impôts pour aider le pauvre à se vautrer dans son désir d'assisté. On comprend qu'ils souhaite s'exiler ce pauvre riche...

Le riche est pourtant un assisté comme les autres
"Sur 10.000 euros d'impôts, on peut en rayer la totalité !", se targue Stéphane Benhamou, fondateur d'Herios Finance, cabinet lyonnais de gestion de patrimoine.

Le constat est simple : en jouant habilement sur les centaines d'avantages fiscaux, les contribuables les plus aisés parviennent à faire baisser leur facture. Fort prisées des plus riches, les niches fiscales et sociales représentent en 2012 un manque à gagner de 115 milliards d'euros pour les caisses de l'Etat.

Le gouvernement, en quête de recettes pour combler le déficit public, a décidé de les réduire de près de 10 milliards l'an prochain, un coup de rabot qui se poursuivra au moins jusqu'en 2014.

Mais le riche garde encore 100 milliards d'aides et d'assistances en tout genre... Et il a son site Internet : Europe offshore

Le pauvre lui n'ose pas demander
Une étude publiée en novembre 2012 par le Conseil d'Analyse Stratégique met en évidence le problème récurent de l'information des usagers sociaux sur leurs droits. (1)

Si certaines prestations sont versées à tort (fort peu en fait), d'autres ne sont pas réclamées par les intéressés, pointe le Conseil d'Analyse Stratégique. Parce que ces derniers ne savent pas que ces aides existent. On appelle cela le "non recours".

Les non-recours représenteraient, d'après les chercheurs de l'Odenore (Observatoire des non-recours aux droits et services) plus de 6 milliards d'euros. Le taux de non-recours atteint ainsi 68% concernant le revenu de solidarité active (RSA) soit 5,3 milliards d'euros.

Dans le cas de la couverture maladie universelle (CMU), ce sont 700 millions qui n'ont pas été versés à leurs destinataires, et 378 millions dans le cas de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS).

"Non utilisées, elles ne peuvent résoudre le problème auquel elles prétendent s'attaquer", insiste le CAS.

Le CAS rappelle de surcroit que complexifier les conditions d'obtention d'une prestation est un des facteurs de non-recours et que cela gonfle les coûts de gestion.

Les pauvres ont donc également un site Internet : Revenu de solidarité active (RSA)

On peut se demander pourquoi le gouvernement ne lance pas une campagne d'information à destination des plus pauvres pour les aider à réclamer leurs droits les plus élémentaires. On peut se le demander...

Mais on connait l'hypocrisie régnante. 6 milliards non distribués, ce sont 6 milliards d'économies réalisées sur le dos de ceux qui, la plupart du temps ne votent pas, ne manifestent pas dans la rue, ne créent pas de groupes de pression sur Facebook (les pigeons)... Bref, réaliser des économie aussi simplement, pourquoi se priver...

C'est avec la même hypocrisie que la communauté européenne va supprimer l'aide alimentaire en 2014...

En savoir plus
(1) Fraude, indus, non-recours : comment faciliter le juste paiement des prestations sociales ? (Note d'analyse 306 - Novembre 2012)

Lire le livre de Hervé Kempf : "Comment les riches détruisent la planète".
Soit rouge, soit vert : entre luttes sociales et défense de l'environnement, choisissez votre camp ! Voilà le message que nous délivrent médias et partis. En un livre essentiel et bref, Hervé Kempf associe au contraire les deux impératifs : "On ne peut comprendre la concomitance des crises écologique et sociale si on ne les analyse pas comme les deux facettes d'un même désastre.

Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s'impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n'est animée d'aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l'idéologie néolibérale ne sait plus que s'autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d'influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse.
".

Pour Hervé Kempf, on ne résoudra pas la crise écologique sans s'attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd'hui les riches qui menacent la planète.
Comment les riches détruisent la planète



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