A bas le salariat, vive le bénévolat !

09-12-2014 BENEVOLAT LIBRE
Décidément, ils sont incorrigibles nos économistes. Fidèles aux ordres d'un patronat qui a fui l'ombre de nos clochers depuis trop longtemps, ils n'ont de cesse de répéter en boucle et sur toutes les ondes que le salarié français coûte trop cher. Pas n'importe quel salarié, uniquement celui dont le salaire mensuel oscille entre 900 et 1800 euros. Les autres ne perdent rien pour attendre, mais à chacun son tour...

Nous avions fait, il y a un an environ, un article intitulé : Le RSA va remplacer le SMIC. Il avait fait polémique (1). Il se trouve que nous avions raison et la lecture du rapport Pisani-Ferry-Enderlein (passé inaperçu) illustre d'une façon tout à fait convaincante ce qui se prépare...

Ces deux économistes européens (Pisani-Ferry est français et Enderlein est allemand) pensent en rond car ils ont des idées courbes. (2)

Le rapport des deux économistes a été remis aux ministres de l'économie de la France, Emmanuel Macron, et de l'Allemagne, Sigmar Gabriel. Considérant que la France et l'Allemagne ne peuvent se résigner à ce que l'Europe s'enferme dans "le piège de la stagnation", le rapport préconise des réformes structurelles adaptées à la situation de chaque économie.

Voici la liste des "préconisations" que ces deux "porte-voix" du patronat transfrontalier ont proposée aux deux ministres. Pour la France, il s'agit de flexibiliser le marché du travail, d'améliorer la compétitivité et de réduire les dépenses publiques. Bref, du grand classique.

En matière de relations de travail, ils recommandent notamment :
- de changer la formule d'indexation du Smic. Celle-ci devrait faire intervenir la progression de la productivité globale, et non plus l'inflation et la hausse du salaire réel moyen.
- de passer d'une obligation annuelle de négociation des salaires au niveau de l'entreprise (sans obligation d'aboutir à un accord) à une obligation triennale.
- d'assouplir les conditions de mise en place d'accords de maintien dans l'emploi (maintien de l'emploi en contrepartie d'un aménagement du temps de travail et de la rémunération) lorsque l'entreprise fait face à un retournement de l'activité, et d'autoriser la mise en place de ces accords dès que l'entreprise connaît une "concurrence accrue sur le marché".
- de rendre "plus prévisibles" les coûts et les délais de licenciement des salariés embauchés en contrats à durée indéterminée (CDI).
- d'élargir le champ des dérogations possibles aux conventions collectives de branches, y compris lorsque les accords d'entreprise comportent des dispositions qui ne sont pas bénéfiques aux salariés.
- de rationaliser les instances de représentation des salariés dans les entreprises de plus de 50 employés (délégué du personnel, comité d'entreprise "CE", comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail "CHSCT") et de faciliter la représentation dans les entreprises de moins de 50 salariés.

On appréciera au passage l'utilisation de mots comme assouplir, élargir, passer, etc. On sent bien ce qui se profile...

Pour le volet allemand du rapport, ils estiment urgent de relever "les défis démographiques, notamment en préparant la société allemande à une immigration supérieure et en augmentant la participation des femmes sur le marché du travail, la transition vers un modèle de croissance plus inclusif, fondée sur l'amélioration de la demande et un meilleur équilibre entre épargne et investissement". Il est vrai que le reste a déjà été fait et bien fait il y a 10 ans. L'Allemagne est championne du monde... en matière de travailleurs pauvres.

Une seule solution : devenir tous des bénévoles
Nous souhaitons nous aussi contribuer au redressement de nos chères (dans tous les sens du mot) entreprises. Aussi, nous proposons de cesser toutes ces finasseries qui ne les aideront jamais suffisamment à embaucher et nous préconisons de baser l'économie française sur le modèle associatif : tous des bénévoles !

En savoir plus
(1) Le RSA va remplacer le SMIC - Lettrasso du 08-01-2013

(2) Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes. Cette phrase est de Léo Ferré dans le disque "Il n'y a plus rien" 1973. La poésie contemporaine ne chante plus... Elle rampe

Réformes, investissement et croissance : un agenda pour la France, l'Allemagne et l'Europe - Le rapport Pisani-Ferry-Enderlein

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