La mélancolie, c'est un désespoir qui n'a pas les moyens

31-07-2017 SOCIETE LIBRE
Dans sa chanson l'Orage, Brassens nous contait son aversion pour le beau temps : "Le beau temps me dégoûte et me fait grincer les dents, le bel azur me met en rage, car le plus grand amour qui me fut donné sur terre, je le dois au mauvais temps, je le dois à Jupiter, il me tomba d'un ciel d'orage..." C'est pourtant sous un ciel zébré d'éclairs que la chanteuse Barbara Weldens est morte sur scène pendant un concert le 19 juillet dernier.

Selon le parquet, une information judiciaire contre X pour "homicide involontaire" a été ouverte ce lundi 31 juillet. Le rapport d'un expert mettrait en lumière des "dysfonctionnements électriques" dans l'église des Cordeliers de Gourdon (Lot) où avait lieu le concert.

Barbara Weldens est morte en chantant. Et l'Orage de Brassens qui bénit "le nom de Benjamin Franklin, oh toi qui sèmes des paratonnerres à foison, que n'en as-tu planté sur ta propre maison ? Erreur on ne peut plus funeste" n'y est pour rien. Croisement de générations, Barbara avait 35 ans et chantait souvent pieds nus. "Erreur on ne peut plus funeste..." un soir d'orage.

Barbara avait une rage contenue dans une joie de vivre communicative. Impressionnante par son engagement dans ses interprétations, cette "Brelienne" se mettait dans de tels états de transe qu'elle devait parfois s'accrocher au pied du micro pour ne pas tomber. Le grand Jacques l'aurait sûrement aimée, cette Mathilde qui ne reviendra plus...

Que d'éternelles et incurables douleurs dans la gaieté d'un artiste... Quel lugubre métier que la scène. Combien de griffures de vie faut-il pour une seule chanson ? A qui vendre cette âme désincarnée pour une bonne rime ? Tout ce temps donné, ce miroir osé, ces mots taillés ou éclatés qui creusent sur leur figure un sillon sans retour, telles les ratures d'un livre qui ne sera jamais écrit...

Parmi ses plus belles chansons, on trouve ce cri : "Je ne veux pas de ton amour". Elle est à rapprocher de l'inoubliable "La non demande en mariage" de Brassens. Alors ces deux "exigences" se répondent en écho à plus de 50 ans d'écart.

Et le style de Georges, dans son épatante poésie, nous livre en deux rimes, toute l'étendue de son talent :
"On leur ôte bien des attraits, en dévoilant trop les secrets de Mélusine.
L'encre des billets doux pâlit vite entre les feuillets des livres de cuisine.
"

Barbara est d'aujourd'hui, de ce monde dur et métallique, sa verve poétique est d'un cri, d'un trait :
"Je ne veux pas de ton amour, va voir ailleurs.
Je ne veux pas me rapprocher pour mieux entendre battre ton coeur.
Recrache le miel sur ta voix, enlève ces étoiles dans tes yeux,
Remballe tes fleurs, écoute moi, il n'y a pas d'amour heureux.
"

Pas de comparaison, juste deux époques aussi différentes que l'était Georges de Barbara. Mais si le temps passe, le cri demeure. Dans la lumière crue d'un éclair, tu es tombée au pied de ton piano. Ferré, Brel, Brassens, Ferrat, Barbara, Gainsbourg et tous les autres vont te faire une place, à toi et au petit que tu as gardé au chaud dans ton ventre. Adieu Barbara.

En savoir plus
Nous empruntons le titre de cet article à une citation de Léo Ferré.

Pour aider matériellement dans cette période de deuil sa famille proche, une collecte a été organisée les associations "Des hommes et des cailloux de Junas" et "Compagnons passants tailleurs de pierre"

Je ne veux pas de ton amour








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