Le vivre ensemble ou l'art d'être bénévole

16-12-2014 BENEVOLAT LIBRE
Il y a des enquêtes qui ne nous plaisent pas. Elles sentent le formulaire internet et la statistique rapide un peu comme un résultat connu d'avance. Il est vrai que l'on fait dire ce que l'on veut aux chiffres...

Il y en a d'autres, qui tout au contraire, sentent bon le terrain, les gens comme ils sont et le temps du boulot bien fait. C'est le cas de cette magnifique "livraison" initiée par France Bénévolat et intitulée : "L'engagement bénévole associatif en perspective !".

Cette enquête est le résultat d'un travail collectif des associations adhérentes de France Bénévolat, sous la direction de Dominique Thierry. Elle a été publiée le 5 décembre 2014 à l'occasion de la Journée Mondiale du Bénévolat.

France Bénévolat a toujours fait un travail sérieux. Son action en faveur du bénévolat est en partie l'une des raisons du maintient de ce lien social dont nous avons tous tant besoin. Cette dernière livraison repose, en comparaison, sur les deux précédentes enquêtes rigoureuses menées avec l'IFOP, en 2010 et 2013. Les données sont donc précises aussi bien sur le bénévolat associatif que le bénévolat hors associations.

Et ce qu'elle nous dit nous fait du bien et nous alerte...

Pour commencer, éloignons le spectre du repli sur soi : +14% du nombre de bénévoles en trois ans, toutes formes de bénévolat confondues !

Les français sont indécrottables. Malgré tout ce qui pourraient les aider à rompre le fil du "vivre ensemble", à commencer par les politiques économiques suivies depuis de trop longues années, ils restent mus par un élan de solidarité indéniable. Dont acte !

Mais, le point le plus intéressant que dévoile l'enquête est la modification profonde que vit le "corps" des bénévoles. L'engagement d'un bénévole ne suit plus les mêmes règles. La plus forte progression se trouve sur le bénévolat direct. J'aide ici et maintenant sans me soucier de la structure d'accueil. Et c'est bien là que risque de se situer le problème...

Le bénévole direct réagit, il ne milite pas.
Une émission de télévision qui montre une situation dramatique sur un point du globe ? Et voilà notre bénévole direct qui arrive avec ses 2 bras et sa bonne volonté. Mais comment transformer ce premier niveau de solidarité en une implication collective durable, via un projet associatif ?

Les responsables d'associations sont tous formels : le fonctionnement de la structure ne repose que sur un "noyau dur" qui est de plus en plus réduit, et de plus en plus âgé.

Le bénévole direct est donc un bénévole de l'action plutôt qu'un bénévole de projet, il semble fuir tout ce qui pourrait apparaître comme une forme "d'embrigadement". Et les responsables associatifs vont devoir faire avec. On ne refuse pas les bonnes volontés.

Le bon côté, que souligne d'ailleurs également l'enquête, est la nécessaire remise en cause des habitudes associatives que suppose la gestion de ce bénévolat direct. Ne pas le considérer comme quantité négligeable, mais bien plutôt comme l'une des grandes sources potentielles de futurs bénévoles.

Les dirigeants associatifs vont devoir travailler davantage sur leurs pratiques de gestion des ressources humaines bénévoles et prouver, par une plus grande ouverture démocratique, la valeur ajoutée de l'engagement dans des Projets Associatifs institués. C'est une "pédagogie de l'engagement", comme le souligne France Bénévolat, que devront mettre en place les responsables de structures.

Enfin, il y a un chiffre qui nous fait très plaisir : + 32%
La jeunesse est généreuse et solidaire puisque c'est elle qui tirent la progression globale du bénévolat avec +32%. Au risque de nous répéter, il faut que les associations sachent leur ouvrir leur porte et les convaincre qu'un bénévolat structuré par des projets associatifs de qualité est plus efficace que la seule générosité spontanée.

Ce ne serait pas une évolution chez les dirigeant associatifs, mais une révolution... Mais à la décharge de ces derniers, il faut bien avouer que ce qui leur est demandé aujourd'hui, dans la gestion quotidienne d'une association, n'est pas chose facile.

Entre la course aux financements, la tenue d'une comptabilité qui s'apparente de plus en plus à celle d'une entreprise, la signature de conventions qui nécessite de solides connaissances juridiques, la gestion des salariés et des salaires qui ne sont pas toujours versés à temps, le temps peut manquer pour assumer une "pédagogie de l'engagement". De plus, cette situation n'est vraiment pas propice à "donner envie" de s'engager. Cela s'apparente d'avantage à une vraie galère qu'à une douce croisière...

En savoir plus
L'engagement bénévole associatif en perspective ! - L'enquête complète

Formation des bénévoles : appel à projets 2015



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