Les dons aux associations sont en chute libre

01-10-2018 ACTUASSO LIBRE
Ce n'est pas une vague impression de comptoir, mais le propre aveu de Pierre Siquier qui est le président en titre de France Générosités. Les dons aux associations sont en chute libre. De la Fondation Abbé-Pierre à la Ligue contre le cancer en passant par Médecins sans frontières jusqu'au vénérable Institut Pasteur, le cri est unanime, les réformes fiscales de l'année 2018 (suppression de l'ISF, réforme de la CSG, mise en place du prélèvement à la source, etc.) sont responsables de la situation.

De tous les maux, c'est la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF), remplacé par un impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui est le coup le plus dur.

Pour ces grosses associations, cela représente une chute de 70% des dons. Pour la seule "Restos du coeur", c'est une perte sèche de 800 000 euros. En fait la suppression de l'ISF entraîne automatiquement une baisse des donateurs potentiels qui ne sont plus assujettis.

Seuls 120 000 ménages ont déposé une déclaration d'impôt sur la fortune immobilière. Cela fait tout de même trois fois moins d'assujettis qu'avant la réforme.

Comme si cela ne suffisait pas, il faut rajouter à ce marasme, la hausse de la CSG pour les retraités. Car les plus gros donateurs sont les plus de 65 ans. Des associations comme Action contre la faim ou la Croix-Rouge craignent un effet d'emballement et voient arriver la fin de l'année avec appréhension.

C'est en effet, traditionnellement, sur les quatre derniers mois de l'année que se font les collectes. Selon les projections réalisées, la CSG fera baisser le montant des collectes d'environ 10%. Chiffre auquel il faut rajouter l'impact de la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF).

L'arrivée du prélèvement à la source sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase. Bien sûr, dans les faits, il n'y a pas de lien entre le prélèvement à la source et la possibilité de faire un don. Les déductions fiscales seront les mêmes.

Mais, il ne faut pas négliger l'impact psychologique qu'aura cette mesure quand le salarié contribuable constatera l'amputation de ses revenus et la baisse immédiate de son pouvoir d'achat. Difficile de faire un don quand le salaire baisse.

Même si les associations ont obtenu une mesure plus favorable pour 2019 (les donateurs recevront un acompte de 60% des réductions d'impôts sur les dons déjà effectués, et ce, dès janvier), il n'empêche, cette "faveur" reste bien modeste et l'incertitude ne s'évanouira pas facilement dans l'esprit des donateurs.

Ce qui ressort de ce marasme annoncé, c'est que les gros donateurs, anciennement assujettis à l'ISF, ne pratiquaient le don que pour la défiscalisation "intéressée" qui en était le corollaire. Un esprit "Je donne, mais il faut me le rendre" qui cadre mal avec l'idée du ruissellement qu'un président de la République en exercice revendique comme un horizon indépassable.

La seule certitude, c'est que si les dons poursuivent leur chute, les associations ne pourront plus accomplir certaines tâches. Et personne ne les remplacera...

En savoir plus
Les dons aux associations sont dans le rouge - Le Nouvel Economiste
Si même le nouvel économiste en convient, ce n'est plus dans le rouge, c'est dans l'écarlate que se trouvent les dons.



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