Quand la gauche vote à droite, le lapin sort du chapeau

21-11-2016 SOCIETE LIBRE
Habituellement, nous ne nous mêlons pas directement de la vie politique de notre beau pays et surtout pas à chaud. Mais il faut bien dire que ce qui s'est passé dimanche soir appelle logiquement des commentaires. Et pourquoi pas le nôtre ? Tout le monde savait que des électeurs de gauche allaient mélanger leurs voix avec celles des électeurs de droite. Ce que nous ignorions, c'était le pourcentage. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils sont venus nombreux : entre 13 et 15%.

Avec plus de 4 millions de votants, les 15% d'électeurs de gauche représentent 600 000 voix. Fillon arrive en tête avec 1 779 038 voix et Juppé en obtient 1 151 365. Soit 627 673 voix d'écart. Visiblement, les consignes du PS ont été suivies à la lettre : plutôt Fillon que Juppé.

Beaucoup plus clivant, le très catholique Fillon est le client idéal pour une gauche qui souhaite redorer son blason pour pas cher. En effet, comment ressouder des troupes éparpillées "façon puzzle" sinon qu'en opposant au candidat président, lors du premier tour de la présidentielle, un candidat de droite avec des convictions ultralibérales et religieuses aussi assumées ? D'une pierre deux coups, Sarkozy est éliminé et Juppé laminé.

Il y a encore quelques années, c'était la révolte des masses qui était considérée comme la grande menace pour l'ordre social et l'élitisme godillot. La défiance venait d'en haut avec la peur du peuple d'en bas capable de tous les désordres et coupable de toutes les envies. En 1981, avec la victoire de la gauche, on pouvait entendre dans de nombreuses familles bourgeoises que les chars russes allaient envahir Paris. Le paradoxe de nos sociétés occidentales est l'inversion du risque. Aujourd'hui, c'est le peuple qui se méfie de ses élites. La peur a changé de camp.

Il faut dire que le narcissisme d'une caste avide de profits et d'accumulations, qui parle de la France comme d'autres parlent du nez, et qui ne représente qu'elle-même, a définitivement dessillé les yeux du peuple d'en bas. Dans sa perception tronquée des enjeux, il sent plus qu'il ne sait que ceux d'en haut ne lâcheront rien et qu'ils sont capables de s'acoquiner avec n'importe quel représentant politique à partir du moment où des gages de "bonne conduite" seront donnés.

Le peuple a bien enregistré que son représentant à la tête de l'Etat n'est plus l'homme providentiel, mais un simple PDG qui pourra être renvoyé si le conseil d'administration qui tire les ficelles juge le moment opportun. Il n'y a plus aucune différence entre le programme économique d'un rigoriste catholique anti-avortement de droite et celui d'un président socialiste célibataire et volage.

Avec l'aide de médias qui sont pour la plupart entre les mains de riches représentants de cette élite, le cirque des présidentielles sera mis en scène afin de faire passer un simple changement de gestionnaire pour une lutte à mort entre classes sociales : la "révolution est pour demain" ou "l'espoir renaît"... Et le vainqueur fera du sociétal laissant aux technocrates le soin de gérer l'essentiel.



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