Que c'est bon quand c'est gratuit

22-12-2016 SOCIETE LIBRE
Il existe un monde où le copain ne prête plus son appartement, il le met en location via Rbnb. Il existe un monde où, après un repas trop arrosé, on ne ramène pas un ami imbibé, on l'Ubérise le temps d'un trajet. Il existe un monde où rien ne peut être simplement désintéressé, où même le geste gratuit se valorise. Ce monde est le nôtre. Et puis... parfois, le temps d'une faille spatio-temporelle sans doute, il se passe quelque chose qui relève presque du miracle, de l'humain. C'est l'histoire que nous allons vous raconter.

Il s'appelle Alain Donnat. Il est professeur de sport au collège Paul-Fort à Is-sur-Tille (Côte-d'Or). Il l'était plutôt. M. Donnat a pris une retraite bien méritée à 64 ans après 38 ans au service de l'Education Nationale.

Le 16 décembre 2016, il s'apprêtait à quitter définitivement son collège après avoir partagé le pot de l'amitié avec ses collègues. Dernières embrassades, dernières blagues qui aident à masquer la peine, il emballe les cadeaux sympas ou rigolos, des cadeaux pour lui dire que toutes ces années passées à ses côtés, ben... c'était quand même quelque chose. Et puis chacun, en son for intérieur, projette ce jour sur celui qui, inéluctablement viendra aussi... Alain regarde cette salle des professeurs, tous ces visages amis, et chacun garde ses larmes.

Il ouvre la porte, les bras encombré de ses cadeaux. Il fait quelques pas dans le long couloir et soudain, devant lui, les 700 élèves du collèges lui font une haie d'honneur. Des centaines de visages souriants ou en larmes, toutes ces mains qui applaudissent, tous ces regards, cette joie aussi...

C'était un truc énorme. Je me suis dit : Qu'est-ce-que je fais ? Est-ce que je continue d'avancer ? Est-ce-que je recule ? Ça me semblait long, très long, je croisais des regards d'enfants qui pleuraient. J'étais obligé de pleurer aussi.

La surprise était tellement forte que M. Donnat, arrivé vers la porte de sortie, ne savait que faire. Il lui était impossible de remercier, de dire quelques mots. Alain les a regardé, tous, ces jeunes que l'on dit "déconnectés" de la vie réelle. Ses larmes sont venues... Le plus beau cadeau qu'un enfant puisse faire à son éducateur, c'est de lui montrer que le message est bien passé.






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