Une histoire de fanfare, de club des coeurs solitaires et d'un Sergent Poivre

21-03-2017 SOCIETE LIBRE
Nous le pressentions, et cela est arrivé. MonOncledAmérique, ce journaliste américain qui collabore avec Lettrasso de temps en temps ne pouvait pas ne pas nous envoyer sa vision des élections présidentielles françaises. Lui qui peine à se remettre de l'arrivée de Donald Trump à la tête de son pays, il nous promet une série d'articles sur les moeurs de notre vie politique. Quant au titre, les adorateurs des FabFour lui en seront gré, sans aucun doute.

"Je suis un combattant balafré qui ne baisse pas la tête devant les balles", a dit le candidat Fillon dans une métaphore militaire un peu déplacée par temps d'état d'urgence. Pour sa défense, il faut reconnaître qu'il a survécu à une entrevue avec le juge Tournaire. Ce n'est certes pas Verdun, mais pas non plus une partie de plaisir.

Ce candidat aura marqué cette élection de toute la force de son combat contre les évidences. La chèvre de M. Seguin n'est qu'une aimable plaisanterie face à l'incroyable ténacité d'un homme dont les travers s'effeuillent comme une marguerite : je t'aime un peu, beaucoup, à la folie.... plus du tout.

En fait, il est l'auteur involontaire de la devise de cette invraisemblable campagne : "Et alors ?" Deux petits mots tout simples devenus bien malgré eux, le leitmotiv de cette élection. Les costumes ? "Et alors ?" Le dédit sur la mise en examen ? "Et alors ?"

Il n'est pas le seul, Marine Le Pen est du même bois. Accusée des mêmes faits que Fillon, elle vous balance un "Et alors ?" de toute beauté. Elle est convoquée par les juges : "Et alors ?" Elle n'ira pas, voilà tout. C'est Cahuzac qui doit regretter de ne pas y avoir pensé plus tôt...

Et si les citoyens, gagnés par ce cynisme venu d'en haut, se mettaient à leur tour à utiliser la rhétorique du "Et alors ?"
- Je mets mon fric au Delaware pour ne pas payer d'impôts ? "Et alors ?"
- Je vire 1000 salariés alors que ma boîte gagne de l'argent ? "Et alors ?"
- Je travaille systématiquement au black pour gruger le fisc ? "Et alors ?"
- Je balance un cocktail Molotov sur une bagnole de flics ? "Et alors ?"
- Je vends de la drogue à des gamins paumés ? "Et alors ?"
- J'ai violé la fille de la voisine ? "Et alors ?"

Quand la classe politique s'affranchit de tout code éthique et que dans un isolement total, elle exige pour les autres la tolérance zéro qu'elle refuse de s'appliquer à elle-même, c'est qu'"il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark" ("Something is rotten in the state of Denmark" l'Hamlet de Shakespeare).

Et le Maître Anglais nous a appris que, face à la pourriture, la réaction est toujours la même : le rejet. Dans cette élection présidentielle, le rejet porte cravate et beaux costards. Et même si la candidate "antisystème" n'est guère plus reluisante, le discrédit est tel que, pour la première fois, Marine Le Pen pourrait faire mentir les sondages et gagner au deuxième tour de la présidentielle... "Et alors ?"
Texte de "Mononcledamérique" - Traduit de l'américain par Lettrasso

En savoir plus
Je vous rajoute, en P.S. ce petit traité de philosophie :
"I read the news today oh boy,
About a lucky man who made a grade,
And though the news was rather sad,
Well, I just had to laugh.
I saw the photograph. .
...... // .....
They'd seen his face before, But nobody was really sure if he was from the House of Lords.
"






Depuis 1999 au service des associations

Abonnez-vous à LettrassoPlus

Abonnez-vous au Forum Juridique

Le pack Lettrasso + et Forum Juridique

Veuillez activer Javascript sur votre navigateur. [ ? ]