Souvenez-vous, la tonitruante secrétaire d'Etat Marlène Schiappa qui à peine nommée prenait l'engagement ferme de simplifier la vie des associations, à grands coups de plateformes (1) pour recueillir la parole des dirigeants associatifs. Hélas pour elle, une curieuse entourloupe dans la gestion du Fonds Marianne mis fin à l'aventure. Et notre Don Quichotte de la simplification administrative de quitter prestement son ministère pour se faire oublier. Il faut dire qu'avant même ses ennuis, son annonce de simplification n'avait pas fait bouger les foules dans le landerneau associatif. Et pour cause. La simplification administrative est, pour les associations, un vieux serpent de mer. Mais force est de constater que depuis le 19 mai 2003, date de la création du chèque-emploi associatif et le 1er août 2003 et sa loi sur le mécénat, il ne s'est rien passé de réellement probant. Oh certes, il y a eu l'engagement associatif comme Grande cause nationale en 2014 avec signature tonitruante d'une "nouvelle charte des engagements réciproques" dont on parle encore aujourd'hui avec de la buée sur les lunettes. Mais si on passe rapidement sur la Loi ESS et son cortège de désillusions, plus rien depuis. Pour être tout à fait honnête, il ne faut pas passer sous silence le fameux "new deal associatif" avec son "choc de simplification" bien au chaud dans la circulaire du 1er ministre en septembre 2015, qui nous promettait > de rénover "les relations entre les pouvoirs publics et les associations", > de décliner "la charte des engagements réciproques sur les territoires de manière adaptée pour chaque secteur d'activité", > de réaffirmer "le soutien public dans la durée aux associations concourant à l'intérêt général" > et enfin de préciser "le cadre juridique régissant les subventions versées par les pouvoirs publics aux associations". On peut dire que sur ce dernier point les associations ont été bien servies avec la multiplication des appels à projet et la baisse drastique des subventions. Un beau cadre juridique effectivement. Mais pourquoi cette obsession à vouloir tout simplifier ? Pour une raison toute simple, l'accumulation, depuis la fin des années 80, de lois toutes plus stupides les unes que les autres : prestation de service, appels à projet, commande publique, LOLF (Loi organique relative aux lois de finances), RGPP (Révision générale des politiques publiques), financiarisation à outrance avec une adoption à marche forcée des méthodes du secteur lucratif avec indicateurs de gestion et de performance comme la mesure débile de l'impact social d'une association , etc. La lente mais effective transformation (détérioration) des relations État / Associations / Administrations se traduit aujourd'hui par un profond découragement et une perte de sens avec ce qui a toujours le coeur de l'investissement de milliers de bénévoles : faire bien et simple en développant une réelle capacité d'expérimentation. Hélas aujourd'hui, dans de nombreuses associations, l'adhérent est passé du statut d'usager à celui de client. Il faut sauver les meubles tant que faire se peut et tenter de résister à cette course à l'innovation dite "sociale" et dont la plupart des services publics souffrent depuis longtemps. Selon le Baromètre 2022 de l'association "Recherche & Solidarités" sur l'Opinion des dirigeants associatifs, 33 % des responsables bénévoles font de la "simplification administrative" un enjeu important contre 44% qui placent en tête des préoccupations "la reconnaissance du rôle citoyen et de l'utilité sociale de l'association". Un baromètre, dont on imagine aisément, que nos responsables politiques ne prendront pas le temps de consulter. A quand le prochain "Grand choc de la simplification administrative" ? Quant aux "Assises nationales de la simplification" qui devaient se tenir en juin 2023, elles sont allées rejoindre l'ancienne secrétaire d'Etat à l'ESS et à la Vie associative retirée sur l'Aventin de nos illusions perdues. En savoir plus (1) 15 000 dirigeants, bénévoles et salariés d'associations (pour 20 millions de bénévoles répartis sur 1 500 000 associations déclarées) ont ainsi répondu au questionnaire de la "Grande consultation nationale pour simplifier la vie des associations, en vue d'Assises nationales de la simplification" pour partager leurs besoins, difficultés et bonnes pratiques. Selon le ministère, Il en ressortirait trois priorités : 1 la nécessité de faciliter les démarches de demande de subvention, 2 l'accès à des services numériques simples et intuitifs, 3 l'accès à un accompagnement renforcé dans la gouvernance associative et la formation des bénévoles.
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Simplification : c'était la feuille de route pour les associations Souvenez-vous, la tonitruante secrétaire d'Etat Marlène Schiappa qui à peine nommée prenait l'engagement ferme de simplifier la vie des associations, à grands coups de plateformes (1) pour recueillir la parole des <a href="https://www.loi1901.com/breves_associatives.php?moteur1=2303" target="_blank">Lire la suite sur Loi1901.com</a>
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