Depuis plusieurs années, les politiques ne cessent de nous faire culpabiliser en nous expliquant que l'endettement de la France provient du fait que nous continuons à nous accrocher, comme des sangsues, à l'Etat providence qui l'est pourtant de moins en moins : providentiel. Et pourtant, ils oublient de nous dire la vérité sur notre endettement. Heureusement, depuis mai 2014, nous pouvons tous consulter le rapport que le collectif d'associations "Pour un audit citoyen de la dette publique" a mis en ligne. Il est le premier du genre et pose le problème épineux de l'origine de cette dette que nous sommes tous condamnés à payer alors que nous en sommes sans doute si peu responsables... (1) Souvenez-vous en 2008 et 2009, on nous avait promis un monde de la finance débarrassé de ses excès, des banques à l'abris des faillites, un système enfin stable afin d'épargner à tout jamais aux contribuables d'avoir à mettre la main à la poche. Or, il n'en est rien. Les Accords de Bâle III ont été publiés le 16 décembre 2010. Ces propositions ont fait l'objet de longues négociations dont les banques sont sorties victorieuses en 2013. La France, dans la foulée, a adopté un texte "révolutionnaire" alors qu'il était complètement aseptisé par le lobby bancaire sous le regard plus que bienveillant du ministre de l'économie d'alors : Pierre Moscovici (devenu commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l'Union douanière - Les banques peuvent dormir tranquilles...). Selon Michel Crinetz, la situation est catastrophique : "Les banques prennent de plus en plus de risques en spéculant sur les produits financiers dérivés et en finançant les fonds spéculatifs. Aucune limite, aucune interdiction. Seulement des coussins de fonds propres plus épais de retitrisation, de liquidités, contra-cycliques et autres petits buffers systémiques ou de contrepartie, qui triplent ou quadruplent les exigences de Bâle II. Mais au final, trois fois rien, ce n'est vraiment pas grand-chose." Est-ce un dangereux gauchiste évadé d'un quelconque goulag idéologique ? Non, certes non. Michel Crinetz est un ancien contrôleur à l'Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP). Il sait de quoi il parle et son avertissement fait froid dans le dos : "Les grosses banques font circuler entre elles des risques de plus en plus contagieux. Pour les banques considérées comme systémiques, un plafond de 10 % du total du bilan était prévu pour chaque contrepartie, lequel vient d'être discrètement augmenté à 15 %, et encore, en compensant les créances et les dettes sur produits dérivés, ce qui, en droit des faillites européen, est inopérant. Le liquidateur de la contrepartie exigera le paiement intégral des dettes mais suspendra le paiement des créances. La banque pourra ainsi perdre jusqu'à 15 % de son bilan quand une contrepartie fera faillite, donc perdre cinq fois ses fonds propres." Vous avez aimé la dernière crise financière ? Vous allez adorer la prochaine, encore plus dévastatrice… C'est sur ces 2 phrases que se conclue l'article de Michel Crinetz. Mais avant, il écrit, visiblement affolé : "Va-t-on élargir le coussin prévu pour les risques opérationnels ? Non. Pas de sanctions ni civiles ni pénales envers les dirigeants qui prennent trop de risques. Et rien sur le contrôle interne, ni sur les bonus incitant à prendre des risques." Les traders fous, les contrôleurs internes ou externes somnolents, un commissaire européen bienveillant, des politiques impuissants, une économie réelle dévastée, un flot de chômeurs ininterrompu depuis 3 ans, la fin tragique des subventions qui aidaient pourtant les associations à amortir la dureté des temps pour les plus fragiles d'entre nous... Si cette nouvelle crise arrive, elle surprendra des pays comme la France dans une fragilité excessive qui ne laissera, cette fois-ci, aucune marge de manœuvre. Je vous cite, pour conclure, cette phrase tirée de l'enquête parlementaire sur les causes de la crise remise à Barak Obama en janvier 2011 : "La crise était évitable. Elle a résulté d'actions et d'inactions humaines et d'erreurs de jugements. Les avertissements ont été ignorés. La plus grande tragédie serait d'accepter que personne ne l'avait prévue, et que par conséquent rien n'aurait pu être fait. Si nous l'acceptons, cela arrivera de nouveau." En savoir plus (1) Le rapport que les politiques ne souhaitent pas lire, pourquoi ? - Lettrasso du 03-06-2014 Cet article de la Tribune explique très bien comment les banques ont gagné le bras de fer qui les opposait à Michel Barnier, alors commissaire européen chargé des Services financiers. Réforme bancaire : le projet de Michel Barnier reçoit une volée de bois vert - La Tribune du 29-01-2014
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