06-02-2018  SOCIETE LIBRE

Et la neige est venue poser ses grandes ailes

Et la neige est venue poser ses grandes ailes sur le manteau frileux d'une nature en sommeil. Et l'homme d'aujourd'hui, dans sa tour de verre, paralysé sera, devant le naturel. Tel un grain de sable, le flocon bloquera nos machines, se moquera de nos applications, de notre assurance, de notre morgue. Resteront, suspendus et fragiles, les sourires des enfants sous les bonnets de laine.

Comme chaque année, la neige fera la Une des journaux avec la sempiternelle question du "comment est-ce possible qu'en 2018...", le H2SO4 paralyse encore le pays ?

Tout comme l'eau mouille, la neige peut bloquer. C'est ainsi. Dans un monde où la mobilité est érigée en règle d'or, être bloqué c'est comme être embastillé. Le Moi de l'individu dans la geôle du Eux collectif. Tous dans la même galère pourtant. Mais dans cette promiscuité imposée, se pose toujours la question des raisons qui ont poussé ces gens dehors et qui par leur présence surnuméraire me bloque Moi ?

Pourquoi Moi se dit chacun et tous à la fois dans un comique de répétition presque attendrissant. "On se demande où y vont tous ces cons ?" disait Coluche qui rajoutait goguenard "Nous avec ma femme, on sait, on va chez ma belle-mère, mais eux ?"

Et le Eux, ces autres bloqueurs, gêneurs, râleurs et qui nous ressemblent tant, ces autres là nous gênent. Dans la débandade généralisée que la neige impose avec son tapis de mousse blanche, le collectif redouté revient en force. Et pas la moindre application pour les faire disparaître. Le doigt rageur peut bien balayer l'écran en tout sens, rien pour les effacer, aucune suppression possible, pas la moindre black-liste.

Ils sont là, pestant, soufflant, souffrant aussi sans doute. Ils sont tous là, ces pantins désarticulés et gesticulateurs au nez rouge de clown et à la bille gelée. Les autres, tous ces autres dont on ne veut rien savoir, sauf ceux auxquels un affectif fluctuant ouvre notre petite porte de côté. "L'enfer, c'est les autres" faisait dire Sartre à Garcin dans sa pièce Huis clos. Neigeait-il lorsque Jean-Paul a posé ces lignes sur le papier ?

Parfois, dans le sourire gelé d'une passante engoncée, se retrouve malicieux, le flocon égrillard, qui par son génie du nombre, nous rapproche jusqu'à nous frôler. Et la neige est venue poser ses grandes ailes sur le manteau fievreux d'une nature en éveil.

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Et la neige est venue poser ses grandes ailes sur le manteau frileux d'une nature en sommeil. Et l'homme d'aujourd'hui, dans sa tour de verre, paralysé sera, devant le naturel. Tel un grain de sable, le flocon bloquera ...  <a href="https://www.loi1901.com/intranet/a_news/index_news.php?Id=2465" target="_blank">Lire la suite sur Loi1901.com</a>

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