Nous avons fait, en septembre 2011 un article pour tenter d'expliquer le recul du gouvernement sur les mineurs en tant que créateurs d'associations. En effet, une disposition de l'article 45 de la loi 2011-893 du 28 juillet 2011 pour le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels, introduit en effet l'article 2 bis de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association, qui stipule désormais que les mineurs de seize ans révolus peuvent librement constituer une association sous réserve d'un accord écrit préalable de leur représentant légal. Ce qui était un recul évident du législateur, car avant cette loi, les mineurs pouvaient occuper librement des fonctions administratives sans autorisation parentale obligatoire. On peut se demander quels sont les éléments qui ont motivé un retour en arrière des droits des jeunes et s'il est envisageable de revenir sur cette disposition pour le moins étonnante. Voici la réponse complète du ministère. Réponse du ministère publiée au JO le 13/12/2011 (1) Un mineur peut être membre d'une association, c'est-à-dire adhérer et cotiser librement dans la limite de son argent de poche, exercer le droit de vote qui y est attaché et être élu au conseil d'administration. En ratifiant la Convention internationale des droits de l'enfant et son article 15, la France a garanti la liberté d'association des mineurs. La loi de 1901 n'ayant pas prévu de contrôle a priori de Page des personnes pouvant créer une association, la doctrine considérait que les mineurs étaient susceptibles de le faire (2). Ceux-ci pouvaient constituer une association avec l'autorisation (même tacite) de leur représentant légal. En cas d'engagement pécuniaire important, l'acte de disposition supposait qu'ils soient représentés. Une autre approche considérait toutefois que les mineurs non émancipés ne pouvaient pas contracter sur le fondement de l'article 1124 du code civil. S'agissant de l'élection d'un jeune pour gérer une association, la doctrine a assimilé le mineur à un mandataire sur le fondement de l'article 1990 du code civil. On a pu considérer qu'il est désigné comme mandataire permanent et général par l'assemblée des membres (les mandants) pour exercer des fonctions de gestion. Le mandat doit cependant être suffisamment explicite et limité pour déterminer, d'une part, la responsabilité de l'association pour les actes passés par le mineur dans le cadre du mandat, d'autre part, la responsabilité des représentants légaux du mineur pour les actes détachables du mandat. Toutefois, le mandant ne pourrait avoir d'action contre un mandataire mineur qu'en vertu des règles générales relatives aux obligations des mineurs. Leur participation au bureau étant susceptible de faire l'objet de restrictions par rapport à un majeur, la doctrine administrative a donc considéré que les mineurs pouvaient être administrateurs mais pas être élus au bureau en qualité de : - président (pour représenter l'association ou ester en justice), - de trésoriers (et signer des moyens de paiements), - de secrétaire général (QE n° 19419 de 1971, instruction jeunesse et sports n° 2-140 du 26 août 2002). Dans les faits, les membres d'associations étaient souvent réticents à élire une personne physique qui n'était pas dotée de la pleine capacité. Des tiers (banques, assurances...) pouvaient aussi refuser de contracter avec un dirigeant mineur dont l'éventuelle responsabilité serait reportée sur l'association ou sur les parents ; ces éléments entraînant des difficultés pour ouvrir un compte bancaire, pour signer des chèques ou conclure des contrats. Des freins existaient donc à la constitution comme à la gestion d'une association par des mineurs. Pour aplanir ces difficultés et en réponse aux attentes des associations qui appelaient à favoriser l'engagement, plus particulièrement celui des jeunes, lors des travaux de la conférence nationale de la vie associative en décembre 2009, le Premier ministre a souhaité la reconnaissance de la pleine capacité juridique des mineurs à diriger une association avec l'autorisation parentale. Une telle initiative permet également de favoriser les associations de jeunes. Introduit par la loi du 28 juillet 2011 pour le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels, l'article 2 bis de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association consacre désormais le droit des mineurs de seize ans révolus de créer une association. Il clarifie les possibilités qui leur sont ouvertes. La liberté de constituer une association fondée par des mineurs ou non et d'occuper des fonctions de dirigeant exécutif leur est reconnue dès lors qu'ils disposent d'une simple autorisation de leur représentant légal. Ils ne peuvent cependant prendre des actes qui engagent un patrimoine. La liberté associative est facilitée par la systématisation de cette simple formalité qui représente également une protection pour le mineur. La disposition législative nouvelle consolide ainsi la pratique favorisant la prise de responsabilités, ainsi que l'apprentissage de l'autonomie et de la citoyenneté des jeunes. Un guide à leur intention et à celle de leurs interlocuteurs sera bientôt disponible sur les sites gouvernementaux pour expliciter ces règles. En savoir plus (1) Question posée par M. Jean-René Marsac (Député PS - Ille-et-Vilaine) à M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative. (2) Mineurs dans une association : une nouvelle loi pour rien - Lettrasso du 27-09-2011
Voici le tag Internet à sélectionner, à copier et à coller sans transformation dans la page du site où vous allez utiliser cet article. D'avance merci.
Plus on avance, plus on recule Nous avons fait, en septembre 2011 un article pour tenter d'expliquer le recul du gouvernement sur les mineurs en tant que créateurs d'associations. En effet, une disposition de l'article 45 de la loi 2011-893 du 28 ... <a href="https://www.loi1901.com/intranet/a_news/index_news.php?Id=1780" target="_blank">Lire la suite sur Loi1901.com</a>
Devenir président d'une association : honneur, contraintes et danger
09-06-2026
Devenir président d'une association, quelle que soit sa taille, est tout à la fois un honneur, des contraintes et quelques prises de risque non sans danger. Les dispositions
De subvention à marché public, comme un air de requalification
En l'état actuel du droit (1) se pose donc la question de savoir dans quelle mesure une dépense publique est elle effectivement une subvention sans risque d'une requalification en
Taxe sur les salaires pour les associations : l'art de compliquer
La taxe sur les salaires est due par les employeurs qui emploient des salariés et dont la structure n'est pas soumise à la TVA aussi bien en métropole que dans un département
Panorama associatif numéro 159 : début juin 2026
02-06-2026
Le Panorama associatif de Loi1901 a pour objectif de vous détailler plusieurs mesures qui ne peuvent pas faire l'objet d'un article complet, à l'unité, car trop courtes. Au
Association coupable de contraventions au code de la route
Depuis 2017, les représentants légaux d'une personne morale, comme une association par exemple, sont soumis à l'obligation de désignation du conducteur ayant commis des
Obligation de reclassement d'un salarié dans le secteur associatif
Tout employeur qui procède à un licenciement économique est soumis à une obligation de reclassement du ou des salariés concernés. Une obligation de reclassement qui incombe à
Demande de subvention et obligation de présenter des comptes équilibrés
26-05-2026
L'obtention d'une subvention publique oblige l'association bénéficiaire à respecter un certain nombre d'obligations à la fois administratives, financières et juridiques. Mais
Comment s'assurer de honorabilité des bénévoles sportifs ?
Les révélations d'affaires de violences sexuelles ont mis en évidence une demande relative, de la part des fédérations sportives, des clubs et associations ainsi que des
Responsabilité d'une commune envers une association
Les relations entre communes et associations ne sont pas un long fleuve tranquille. Nous avons présenté de nombreuses situations conflictuelles dans ces colonnes. Dénonciations de
Commissaire aux comptes : obligation de désignation
19-05-2026
De nombreuses associations sont concernées par l'obligation de désignation d'un commissaire aux comptes. Et chaque année, elles sont très nombreuses à découvrir (parfois très
Harcèlement et discriminations en milieu scolaire, enquête sur les réactions des parents
La Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) a été adoptée le 20 novembre 1989 par l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'agit du premier traité international à énoncer
La protection des lanceurs d'alerte en France
Depuis l'année 2016, le Défenseur des droits a également pour mission l'accompagnement des lanceurs d'alerte. Il se charge d'informer, d'orienter et de défendre les auteurs de
CER : le HCVA n'est ni pour ni contre
Suite à une saisine de 102 associations du secteur de l'information et de la communication, le Haut Conseil à la vie associative (HCVA) était appelé à se prononcer sur les dérives
Les outils d'action économique ont un nouveau guide
Il est la référence incontournable pour les acteurs publics. Oui, le Guide des outils d'action économique est l'un des guides les plus téléchargés de ce secteur d'activité. Il
Pacte sur la migration et l'asile : la mise en oeuvre française
12-05-2026
Le pacte sur la migration et l'asile est un ensemble de nouvelles règles régissant la gestion des migrations et établissant un régime d'asile commun à l'échelle de l'UE, qui
Quand le numérique prend l'Omnibus
05-05-2026
Pour faire face à l'hégémonie numérique américaine, l'Europe a longtemps protégé ses ressortissants avec notamment la RGPD. Hélas, il semblerait que cette époque soit révolue
La disparition inquiétante des populations d'oiseaux
28-04-2026
Une large collaboration scientifique européenne a quantifié pour la première fois l'impact direct de différentes activités humaines sur les oiseaux à l'échelle du continent : les
L'Agence nationale des titres sécurisés a été piratée
21-04-2026
Cette agence, plus connue sous l'appellation "France Identité", est en charge des cartes d'identité et des permis de conduire. Une paille. C'est le ministère de l'Intérieur qui a
Rapport annuel d'activité 2025 du Défenseur des droits
14-04-2026
A la lecture de ce rapport annuel d'activité du défenseur des droits, l'année 2025 témoigne d'une activité dense, exigeante et révélatrice d'une situation qui se dégrade pour une
Les violences intrafamiliales enfin prises au sérieux ?
07-04-2026
Selon la définition utilisée par la Caisse d'Allocations Familiales (CAF), "Les violences intrafamiliales sont des comportements abusifs, mauvais traitement ou négligence,
Les tables Informatique et libertés 2026 de la CNIL publiées
La Cnil vient de publier la version 2026 de ses tables Informatique et libertés. Les tables de la Cnil s'analysent avant tout comme un instrument de droit souple et non
L'entrepreneuriat coopératif et autres débats publics
Depuis de nombreuses années, la question du développement territorial revient au premier plan des débats économiques et politiques. Il faut dire que face aux défis conjoints de la
France Enfance Protégée : enfin une éclaircie dans la prévention de l'enfance ?
France Enfance Protégée (1), mis en place le 5 janvier 2023, regroupe en son sein plusieurs acteurs de la protection et prévention de l'enfance : adoption, enfance en danger et
Comment devenir un fundraiser responsable ?
Le fundraiser, ou collecteur de dons, travaille au service d'organisations faisant appel à la charité. Il organise des campagnes de dons et collecte des fonds pour faire rentrer
La contribution des bénévoles à la Culture en France
La collection "Culture chiffres" présente des repères quantitatifs sur les phénomènes culturels observés dans les champs d'étude et de recherche du Département des études (1), de
Quand le CESE questionne notre modèle de société
Le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) est une institution représentative de la société civile. Aujourd'hui, il a fait le choix d'une démarche plurielle pour
Classement de la philanthropie européenne : la France troisième
L'ERNOP est le Réseau européen de recherche sur la philanthropie qui a pour mission de mettre en relation chercheurs et praticiens de toute l'Europe pour tenter de faire
Il faut tuer toutes les associations
"Est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende le fait de provoquer à la contestation des règles communes légalement édictées, dans des conditions portant
Quels objectifs pour un développement de l'ESS ?
Sans répondre directement à la question à ce stade, le Conseil supérieur de l'ESS (CSESS) a conduit des travaux avec l'idée que, dans un contexte où les besoins sociaux sont
La boussole de l'ESS pour s'orienter dans les difficultés
Le guide "La boussole de l'ESS pour s'orienter dans les difficultés" s'adresse à toutes les structures de l'ESS : associations, coopératives, mutuelles, fondations et sociétés