Les associations risquent de perdre 200 000 emplois d’ici 2017

07-10-2014 ACTUASSO LIBRE
Nous l'annoncions dès 2013 avec un article au titre terrible pour nous : Un plan social de 40 000 emplois dans le secteur associatif en 2014. On nous avait accusé à l'époque d'être des alarmistes frénétiques.

Qu'en est-il aujourd'hui de ce plan social du silence ? Selon différentes estimations dont celles du Comité des finances locales et du Collectif des associations citoyennes, nous devrions atteindre le chiffre ahurissant de 200 000 emplois perdus en 2017.

Comment en est-on arrivé là ?
Le budget global des associations est évalué à environ 85 milliards d'euros. Il repose pour près de 49% sur des financements publics. Ceux-ci s'effondrent sous les coups de boutoirs combinés du "pacte de responsabilité" qui prévoit une baisse permanente du niveau de l'action publique de 50 milliards et de la baisse des dotations de 3,67 milliards d'euros en 2015 (et qui ne prévoit aucune mesure nouvelle de soutien à l'investissement local) pour les collectivités territoriales, principales pourvoyeuses de financements.

Vous trouverez ci-dessous, l'article que nous avons écrit en 2013. Nous n'en changeons pas une virgule. Si vous parcourez le net, vous trouverez tout ce que cet article dénonce, prendre étonnamment la forme de "propositions constructives", de la part d'organismes comme le "Mouvement Associatif" qui ne représente que les très grosses structures qui sont depuis longtemps des entreprises avec un "enrobage associatif".

Les associations doivent réagir, les français doivent réagir qui auront tant à perdre si le tissu associatif se rétracte au point de n'être plus qu'un prestataire de services de plus...

Un plan social de 40 000 emplois dans le secteur associatif en 2014 - Lettrasso du 26-11-2013

Depuis le temps que les comptes sont au rouge, on se demandait combien de temps encore les petites et moyennes associations allaient pouvoir tenir. Le secteur associatif a perdu 11 000 postes entre 2010 et 2012 au plus fort de la crise. Visiblement, 2014 s'annonce comme une année terrible.

Les enquêtes successives vantaient le modèle associatif qui parvenait à maintenir l'emploi en dépit des coupes sombres dans les budgets des subventions. Les vannes sont désormais ouvertes, il n'y a plus de modèle qui tienne.

Le nombre d'associations en très grandes difficultés n'a cessé de croître. Jamais nous n'avons reçu autant de témoignages dramatiques. Dans ce sauve-qui-peut généralisé, l'emploi n'a plus sa place. Et ceci au moment même où, ironie de l'histoire, la loi ESS est en discussion à l'assemblée nationale...

Le gouvernement annonce 14 milliards d'économie pour 2014. La baisse de la dotation des collectivités locales est de 1,5 milliards, obligeant ses dernières à écarter les associations de ses priorités.

Cette vision comptable est d'autant plus étonnante que ce sont les associations qui sont chargées d'aider les exclus, victimes en première ligne, de cette restructuration économique mondiale qui n'ose pas dire son nom.

Sans oublier que l'Etat souhaitait s'appuyer principalement sur les associations pour inverser la courbe du chômage avec des contrats d'avenir au rabais. Il a oublié, au passage, que la diminution drastique des subventions allait être un frein logique à cet apport associatif. C'est l'arroseur arrosé en quelque sorte. C'est triste et dramatique pour le chômage...

Pourquoi cet effondrement maintenant ?
Il ne faut pas accuser la crise, elle n'y est pour rien. La raison est tout autre. C'est un choix politique assumé par les différents gouvernements.

Acte 1 : C'est en 2008 que le rapport "Pour un partenariat renouvelé entre l'État et les associations" est remis à Roselyne Bachelot, alors ministre de la Vie associative. L'essentiel de ce document vise à rompre une bonne fois pour toute avec "la culture de la subvention et suggère que la distribution des subventions laisse désormais la place à un système de commande publique".

Acte 2 : C'est en janvier 2010 que l'ultime estocade est portée par la circulaire Fillon. Celle-ci présente désormais la grande majorité des activités exercées par les associations comme des activités économiques qui entrent donc dans le champ concurrentiel. En d'autres termes, une association devient une banale entreprise, prestataire de services. (1)

Acte 3 : Et ce sera la loi ESS qui donnera le coup fatal avec sa comique "définition légale de la subvention" qui vise à "séculariser" un principe abandonné dans les faits. (2)

Un plan social invisible...
Il n'y aura pas de grèves, pas de bonnets rouges, pas de cheval noir, pas de violence, pas de cris, pas même un murmure dans les médias. 40 000 emplois de moins et pas un mot. Ce sont les petites associations qui seront principalement touchées. Donc pas de plan social massif, juste une multitude de licenciements silencieux...

Une grève nationale : une semaine sans les associations
Nous avons lancé en 2011 (3) un appel pour une grève d'une semaine des petites associations sur l'ensemble du territoire. Nous étions sans doute trop en avance, car cet appel n'a pas été suivi. Nous vous invitons à lire (ou relire) cet appel et à le faire circuler si vous pensez, tout comme nous, que cesser le travail pendant une semaine est peut-être la dernière chance à saisir pour éviter le pire...


En savoir plus
(1) La prestation de services : unique avenir des associations en 2014 - Lettrasso du 12-03-2013

(2) L'imposture de la définition légale de la subvention dans le projet de loi ESS - Lettrasso du 05-11-2013

(3) Une semaine sans les associations - Lettrasso du 20-09-2011

Lire sur ce sujet, l'excellente interview de Dominique Tripet qui est présidente du planning familial du Loiret.



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