Les recalculés rétablis dans leurs droits

25-05-2004
Le réseau associatif a démontré une fois de plus son efficacité dans la triste affaire des ”recalculés”. A travers le MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires), de très nombreuses associations pendant de longs mois, ont ferraillé dur pour faire connaître le scandale, d’abord aux chômeurs et chômeuses, mais aussi aux salarié(e)s et à l’opinion publique. Saluons donc le MNCP, ainsi que la CGT-chômeurs, l’APEIS, AC et toutes les autres associations qui ont su avec d’infimes moyens faire reconnaître l’injustice et faire gagner la justice ! Avec la décision de Jean-Louis Borloo de réintégrer les chômeurs ”recalculés” et de leur redonner ainsi les sept mois d’indémnités qu’ils avaient perdus, l’action unitaire des organisations de chômeurs, menée depuis plusieurs mois, a payé.

Reste que le financement de cette réintégration n’est pas satisfaisant. Le refus de Jean-Louis Borloo d’augmenter les cotisations et son choix de se suffire de l’annulation de la dette de l’état envers l’Unedic ne permet pas d’espérer une stabilité à long terme des comptes de l’Unedic. Le MNCP estime que ces cotisations doivent etre augmentées et leur assiette élargie aux profits des entreprises. En outre, les grandes entreprises qui recourent abusivement aux contrats précaires doivent etre mises à contribution selon le principe du polleur payeur. Selon le même principe, la sphère boursière doit être également interrogée sur sa responsabilité dans l’augmentation du chômage. Délocalisations, restructurations, licenciements massifs trouvent en effet une partie de leurs causes dans les dividendes exigés par les actionnaires.

En outre, la décision de Jean Louis Borloo ne règle pas le problème des préjudices subis par les chômeurs concernés par le recalcul depuis le 1er janvier : endettement, frais de découvert, carences de ressources... Le Tribunal de grande instance de Marseille avait pris en compte ces préjudices et accordé aux chômeurs des dommages et intérêts.

Reste également que la Convention Unedic est toujours valable et que la réduction injuste des indémnités décidée à l’unedic en 2002 s’appliquera aux nouveaux entrants. En conséquence, la requête des organisations de chômeurs auprès du Conseil d’Etat pour annulation de l’agrément de convention par le Ministère de l’emploi, reste elle aussi valable. Le MNCP, avec les autres associations de chômeurs (AC! et APEIS) exigent un Grenelle de l’unedic* pour une refonte globale du système d’assurance chômage. Pour que les chômeurs ne subissent plus de dégradation de leurs droits, il faut que les associations soient présentes à l’Unedic et participent aux décisions concernant l’indemnisation des chômeurs.

* En collaboration avec les associations de chômeurs (AC!, APEIS, MNCP), les économistes, syndicalistes et animateurs associatifs de la Fondation Copernic formulent, dans ”Pour un grenelle de l’Unedic” les revendications du mouvement des chômeurs d’une réforme de l’Assurance chômage. Une occasion de se pencher sur le fonctionnement de l’Unedic et de voir comment le ”sens commun libéral” a pu à la fois légitimer le chômage et la dégradation de l’indemnisation des chômeurs.

En savoir plus :
Le site du Grenelle de l’unedic
MNCP : Mouvement national des chômeurs et précaires - 17 rue de Lancry 75010 Paris - Tel : 01 40 03 90 66 - Fax : 01 40 03 90 67 - email : mncp.national@free.fr - Site Internet : http://mncp.mncp.free.fr/



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