La ministre du travail, Muriel Pénicaud, précisait en 2017 que les contrats aidés étaient le dispositif le moins efficace de toutes les politiques de l'emploi. Trois ans plus tard, la perspective de voir débarquer 700.000 jeunes sur le marché du travail en septembre, a contraint sa remplaçante, Élisabeth Borne, à réviser son mantra. Et ce qui était tant décrié en 2017 devient l'alpha et l'oméga en 2020. Bien sûr, il ne s'agit nullement pour le gouvernement de "retomber dans le traitement du chômage à coups d'emplois aidés". Pour la nouvelle ministre, il s'agit d'"un tremplin vers l'emploi". Tu parles Charles. Pour distinguer ses "contrats aidés" des "contrats aidés" qu'il a supprimés en 2017 et surtout pour tenter de minimiser son revirement à 180°, le chef de l'État préfère parler de "contrats d'insertion" et de "formes d'emploi très aidées par l'État". D'ailleurs le premier ministre a beaucoup insisté sur le volet formation et accompagnement des nouveaux contrats. Volet qui était déjà obligatoire en 2012 en contrepartie de l'aide de l'État. Peu importe le nom donné à ce dispositif, il s'agit de la réactivation des "contrats aidés" supprimés en 2017. En effet, un nouveau dispositif aurait obligé le gouvernement à passer devant l'assemblée nationale pour une validation législative. Ce qui aurait donné à l'opposition tout le temps nécessaire pour se gausser de ce grand virage. Que ne ferait-on pas pour ne pas montrer que la navigation à vue donne l'impression d'être dirigée par un capitaine de pédalo. Concrètement, ce grand retour des contrats aidés prévoit la création de 60.000 "contrats initiative emploi" (CIE) pour des jeunes rencontrant des difficultés particulières d'insertion dont une partie du salaire versé par les entreprises sera financée par l'État. Dans le secteur associatif ou public, les contrats aidés appelés "Parcours emplois compétences" (94.000 en 2019) seront également augmentés de 60.000 dès 2021. Ce dispositif concernera toutes les embauches qui auront lieu dans les six mois après l'entrée en vigueur du dispositif, (probablement en septembre). Il durera au maximum un an, soit 4.000 euros pour un CDI ou un CDD d'au moins un an. Le ministère du travail a évoqué un budget pour l'opération proche de 1.3 milliard d'euros et espère environ 600.000 embauches sur les 700.000 jeunes diplômés qui sont attendus sur le marché du travail à la rentrée. La décision de supprimer les contrats aidés en 2017 était purement idéologique. Une décision de comptable très éloignée de la réalité quotidienne des gens et des territoires. Peu importe que 280 000 personnes aient pu retrouver dignité, confiance et espoir dans la collectivité grâce à ces contrats aidés. Peu importe que des milliers d'associations aient pu développer et maintenir des programmes sociaux grâce à ces contrats aidés. Tout ça ne rentre pas dans un tableur excel. Combien de temps perdu, de vies brisées, d'associations liquidées à cause d'une décision hors sol, prise par un homme seul et déconnecté du pays qu'il dirige. Alors, le retour des contrats aidés est une heureuse initiative. Mais entre temps, quel gâchis humain et social. Tout ce qui a été détruit, à cause de cette décision, dans le secteur associatif ne se rétablira pas en quelques mois. Le maillage associatif a souffert et la crise sanitaire n'a rien arrangé. On attend un grand plan d'aide (1) pour les associations, un plan à la hauteur de l'importance de ce secteur toujours présent au plus près de celles et ceux qui en ont besoin. En savoir plus (1) Olivia Grégoire vient d'être nommée Secrétaire d'Etat à l'Economie Sociale et Solidaire. Fondatrice d'un cabinet de conseil en stratégie d'entreprise à destination des PME et start-ups, Olivia Grégoire, engagée de longue date avec la droite libérale et le centre droit, est passée par les cabinets ministériels de Jean-Pierre Raffarin et Xavier Bertrand. Une néolibérale bon teint Secrétaire d'Etat à l'ESS, c'est disruptif à souhait. Le secrétariat d'État chargé de la jeunesse et de l'engagement (toujours pas de vie associative dans la dénomination) a été confié à Sarah El Haïry. La dame s'est faite connaître par un rapport "Pour une philanthropie à la française" dont nous nous sommes fait l'écho dans cet article : "Voler en grand et restituer en petit, c'est la philanthropie". Elle connait la vie associative par le prisme du financement des structures par le privé et du désengagement de l'Etat dans le domaine des subventions. Tout un poème. Retour de l'ESS à Bercy L'économie sociale et solidaire avait, depuis 2017, quitté Bercy et était éparpillée entre six ministères. Une dilution qui a obligé le gouvernement de l'époque à nommer Christophe Itier au poste de haut-commissaire à l'économie sociale et solidaire et à l'innovation sociale pour tenter de faire le lien entre les différentes branches. On peut espérer que le rattachement de l'ESS au ministère de l'économie va lui redonner une place centrale.
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